lundi 20 mai 2013

Chris Colfer : Struck

Struck :

Carson Phillips est prêt à tout pour entrer dans la fac de ses rêves... et par la même occasion, laisser derrière lui une mère dépressive et une ville misérable. Même s'il lui faut, pour appuyer sa candidature, lancer seul un magasine littéraire. Malheureusement pour lui, les étudiants ne semblent guère capables d'écrire autre chose que des textos. Qu'à cela ne tienne, l'adolescent est aux aguets, et surtout il n'a plus rien à perdre. Après tout, qu'arriverait-il si le beau gosse du lycée apprenait que sa petite copine pom-pom girl couche avec le coach dans son dos ? Ou que la première de la classe n'hésite pas à envoyer des photos d'elle nue à n'importe qui sur Internet ? Pour parvenir à ses fins, Carson a une nouvelle stratégie toute trouvée : il se transforme en maître chanteur. Mais à force de jouer les corbeaux, ne risque-t-il pas de se brûler les ailes ?

MON AVIS :

Encore une fois, j'adresse un très grand merci aux Editions Michel Lafon pour l'envoi de ce livre. Chris Colfer, acteur dans la série américaine Glee et écrivain à ses heures, a su une fois de plus me convaincre. « Struck » (titre VO : Struck By Lightning) est, avant d'être un livre, un film. Le film sera présenté en ouverture du Champs Elysée Festival le 12 juin 2012. Pour des infos plus complètes, rejoignez cette page Facebook. Le film aura deux avant-premières en présence de Chris Colfer et de l'acteur Roberto Aguire le 12 et 13 juin 2013 à Paris. Le film sortira en salles le 19 juin.
Chris Colfer sera aussi en dédicace à la Fnac de Ternes à Paris le 15 juin. (Oui, ça fait beaucoup de dates à retenir...)

Struck raconte l'histoire de Carson, un élève de terminale qui ne rêve que d'une chose : quitter la ville de Clover et réaliser son rêve de devenir un grand journaliste. Il va faire tout son possible pour arriver à ses fins et pour vivre plus ou moins correctement sa dernière année au lycée.

Carson est évidemment le personnage principal. Le livre est en réalité son journal intime donc tout est raconté de son point de vue. Carson est quelqu'un de très sarcastique et le sarcasme, moi, j'adhère. Carson se sert de sarcasmes pour se protéger et vu son passé et ce qu'il endure dans la vie de tous les jours, je ne peux que comprendre. Néanmoins, il poussait parfois le bouchon un peu trop loin. Certaines de ses réactions m'ont aussi agacée. Son histoire avec sa grand-mère m'a cependant beaucoup touchée alors que sa maman m'a profondément dégoûtée. Les personnages secondaires m'ont peu touchée dans un premier temps puis finalement on apprend à les apprécier plus ou moins à leur juste valeur.

L'intrigue en elle-même ne casse pas des briques mais on ne peut pas s'empêcher de la lire avec un grand intérêt. Au plus profond de nous-mêmes, on soutient Carson, on a envie qu'il s'en sorte. J'ai adoré le voir se battre pour son atelier d'écriture et pour le magazine littéraire. Ce dernier d'ailleurs m'a énormément surprise. On peut le découvrir dans les dernières pages du roman et j'ai trouvé les textes présentés très intéressants et drôles. Derrière l'intrigue de base, on peut sentir une pointe de morale.

La fin me laisse tout de même perplexe. Je l'ai détestée, je crois. Je m'attendais à ce style de fin bien que la manière dont elle a été amenée m'a prise par surprise. Elle est abrupte et donne un ton encore différent au roman. Elle semble logique et fantastique à la fois.

Pour ce qui est du style, je l'ai trouvé très simple, très fluide et très léger malgré les sujets plus ou moins difficiles traités. Chris Colfer sait manier les mots et il sait les agencer pour en faire un bon roman Young Adult. L'humour et les émotions sont au rendez-vous. On ne rigole pas ni ne pleure de façon très franche mais on ne reste néanmoins pas indifférent à ce qu'on lit.

En conclusion, j'ai passé un très bon moment de lecture. Il se lit très vite – j'ai mis une journée – et il se lit avec plaisir. L'histoire décrit assez bien certains côtés du monde adolescent sans tomber dans la caricature ou le cliché. Et j'ai adoré les références littéraires, séries télés et films. Je trouve que ça donne beaucoup plus de poids à un roman, même si ce n'est que des évocations rapides ! 
 
Lu et chroniqué en mai 2013

mardi 14 mai 2013

Thérèse Anne Fowler : Z Le roman de Zelda



Z Le Roman de Zelda

Elle a 17 ans, c'est une belle du Sud, petite dernière d'une famille bourgeoise de Montgomery, exubérante et fantasque. Quand elle le rencontre lors d'un bal, il a 21 ans, porte l'uniforme et veut vivre de sa plume. Bravant les conventions, elle part l'épouser à New York, quelques jours après la sortie de son premier roman, L'Envers du paradis. Le livre est un immense succès, et les deux amoureux deviennent instantanément célèbres, propulsés dans un tourbillon de fêtes effrénées entre Long Island, Paris et la Riviera française. Elle, c'est Zelda ; lui, c'est Scott : ils viennent d'entrer dans la légende.Mais l'insouciance de la vie mondaine, les dépenses folles et les flots de champagne détruisent l'harmonie du couple. Tandis que Scott sombre dans l'alcoolisme, la délaisse et l'accuse de tous les maux, Zelda lutte corps et âme pour exister. Écriture, peinture, danse, elle cherchera éperdument son identité jusqu'à en perdre la raison, et disparaîtra de façon tragique dans l'incendie de son dernier asile. Toute sa vie, elle sera restée dans l'ombre de l'homme qu'elle a aimé à la folie. Ce roman lui rend enfin sa voix.

MON AVIS :


Tout d'abord, un très grand merci aux Editions Michel Lafon pour m'avoir permis de lire ce livre. Je ne me serai sans doute pas diriger dessus sans eux et je serai passée à côté d'une excellente lecture.

Il y a maintenant deux mois, j'ai lu « Gatsby le Magnifique » de Francis Scott Fitzgerald et j'ai été déçue. Pourtant, quand j'ai pu avoir l'occasion d'avoir ce livre via les éditions Michel Lafon, je n'ai pas hésité une seconde. Je voulais découvrir la vie des Fitzgerald. Le roman est du point de vue de Zelda, l'épouse de F. Scott Fitzgerald donc nous n'avons que sa version des faits.

Il va de soi que leur vie a ici été romancée. L'auteur le précise à la fin du roman. Elle a notamment écrit ce roman en se basant sur la correspondance entre les deux époux. Mais elle a tenté de rester le plus fidèle possible aux faits et on a donc une grande part de vérité dans cette œuvre.

Dès les premières lignes, le style de l'auteur m'a beaucoup plu. Il est léger, fluide et flamboyant comme les années 20 à New York. En parcourant les pages, il est très facile de s'imaginer la vie des Fitzgerald et des milieux dans lesquels ils évoluaient. Les descriptions ne sont pas trop denses mais le peu qu'elles livrent est plus que suffisant pour pouvoir se représenter le monde des Fitzgerald et de leurs proches.

L'histoire des Fitzgerald est très bien racontée. On ressent les émotions de Zelda avec une certaine force. Je n'ai pas toujours compris les choix de la jeune femme mais d'après ce que j'ai lu, il est vrai qu'elle n'a pas eu une vie facile, malgré les apparences. De plus, Scott n'est pas quelqu'un de facile à vivre et qui ne laisse pas sa femme s'épanouir autant qu'elle le souhaiterait. La vie publique des Fitzgerald ne fait pas rêver quand on aperçoit l'envers du décor. De plus, j'ai eu du mal à comprendre le comportement de Scott. Il balance l'argent par les fenêtres et comme ce n'est pas mon style, je trouvais que parfois il méritait des baffes. On remarque aussi la condition de la femme, totalement différente d'aujourd'hui. C'est quelque chose que j'ai bien aimé redécouvrir et je me suis aussi rendue compte que, finalement, notre époque n'est pas si mal. Pour en revenir à l'histoire, suivre l'évolution de l'histoire d'amour entre Scott et Zelda ainsi que celle de leurs caractères respectifs a été très instructif. L'auteur a su trouver les mots pour décrire le couple Fitzgerald.

De plus, j'ai adoré découvrir les cercles littéraires de l'époque. Certains noms m'étaient connus mais la plupart ont été une découverte.

En définitive, je peux dire que je garderai un très bon souvenir de cette lecture. Cette biographie romancée n'est absolument pas ennuyante, bien au contraire : elle est enrichissante, instructive et plaisante à lire. Votre œil ne peut qu'être attiré par la très belle couverture toute simple mais qui en dit beaucoup. La couverture est prometteuse et ne ment pas sur le contenu du roman qui est de qualité !
Lu et chroniqué en mai 2013

dimanche 5 mai 2013

Sophie Kinsella : Les petits secrets d'Emma

Les petits secrets d'Emma.


Ce n'est pas qu'Emma soit menteuse, non, c'est plutôt qu'elle a ses petits secrets. Par exemple, elle fait un bon 40, pas du 36. Elle ne supporte pas les strings. Elle a très légèrement embelli son CV. Elle déteste sa cousine Kerry. Et avec Connor, son petit ami, au lit ce n'est pas franchement l'extase. Bref, rien de bien méchant, mais plutôt mourir que de l'avouer. Mourir ? Justement... Lors d'un voyage en avion passablement mouvementé, Emma croit sa dernière heure arrivée. Prise de panique, elle déballe tout à son séduisant voisin. Tout et plus encore. Sans imaginer que l'inconnu en question est l'un de ses proches. Très proche même...

MON AVIS :

Cela faisait un long moment que je n'avais pas lu de chick-lit. Une amie m'a prêtée ce livre il y a quelques mois et j'avais, je l'avoue, oublié son existence (du livre, pas de mon amie. Je ne suis pas si indigne que ça !). Puis, j'ai eu un flash et je me suis dit que je devais le lire afin de lui rendre.

Une journée aura suffi pour lire ce livre. Il y a longtemps que j'avais apprécié une lecture comme ça. La chick-lit est un genre bien connu pour être léger, simple à lire et plutôt girly il ne faut pas se mentir ! Pour ma part, je pense que ce genre peut s'apprécier pleinement quand on en lit de temps à autre, à des intervalles plutôt espacés. La recette est souvent la même mais elle risque de marcher à tous les coups si on n'y goûte pas trop souvent.

Cela fait quelques années que j'entends parler de Sophie Kinsella et surtout de sa saga à succès « L'accro du shopping ». Pourtant, je n'en avais jamais ouvert un seul. L'occasion de découvrir cette auteur est arrivée avec le livre « Les petits secrets d'Emma », que j'ai lu en anglais. Une chose est sûre : je regretterais presque de ne pas avoir tenté l'expérience plus tôt.

Dès les premières pages, on est plongé dans la vie d'Emma. J'ai adoré suivre le moindre de ses mouvements ainsi que la moindre de ses pensées. Emma est une fille dans toute sa splendeur. Elle a su me toucher à travers tous ses déboires. Je l'ai trouvée très réaliste et absolument drôle. Elle a le don de se fourrer dans des situations impossibles et d'avoir des pensées pour le moins fantasques. Mais qu'est ce qu'elle a pu me faire rire. La scène d'ouverture, dans l'avion, est absolument magique. Elle pense qu'elle va mourir à cause des turbulences et elle balance tous ses secrets à son voisin qu'elle ne connaît ni d'Eve ni d'Adam (Comme quoi elle ne sait pas où est son point G, qu'en réalité elle est plus grosse qu'elle ne le dit, qu'elle n'a jamais vraiment été amoureuse de son petit ami etc.) ! C'est tellement embarrassant que ça en est drôle. Et cette scène est le déclencheur de tant d'autres...

Les autres personnages sont tout aussi intéressants. La plupart sont adorables et les petites exceptions méritent qu'on en prenne une pour taper sur l'autre. Mais le tout donne un mélange détonnant ! La cousine d'Emma est absolument affreuse et hypocrite. Les deux colocataires d'Emma sont excellentes même si Jemima mérite des baffes alors que Lissy est toute mignonne. J'ai adoré la réaction de Lissy quand elle a cru qu'Emma était homosexuelle. Elle le prend très bien mais les réflexions qu'elle fait m'ont tuée. En fait, Lissy est comme Emma et ensemble, elles donnent le ton à des scènes extrêmement sympathiques. Quant aux personnages masculins, bizarrement, j'ai eu un peu de mal avec eux. Connor, premier petit ami d'Emma m'a laissé de marbre et je n'ai éprouvé aucune compassion à son égard. Jack m'a beaucoup plu mais je l'imagine comme ayant une quarantaine d'années et ça m'a perturbée vis-à-vis de son histoire avec la jeune femme. Mais ce n'est qu'un menu détail.


L'histoire en elle même n'est pas très originale car sans réelle surprise. Mais l'évolution de la relation entre tous les personnages est très intéressante et c'est cela qui fait de ce roman un bon roman de chick-lit. De plus, le style de Sophie Kinsella est très léger et il se prête très bien au genre.

En somme, j'ai tellement ri que je classerais presque ce livre dans la catégorie coup de cœur. C'est frais, ça donne du peps, ça vous revigore. C'est une lecture idéale pour se détendre et passer un excellent moment.
Lu et chroniqué en avril 2013

jeudi 2 mai 2013

D.A.F de Sade : La Philosophie dans le boudoir

La philosophie dans le boudoir

Dolmancé à Eugénie : " Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux...
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ais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu. " " Pour qui veut aller au fond de ce que signifie l'homme, la lecture de Sade est non seulement recommandable, mais nécessaire " (Georges Bataille).

MON AVIS :

Comment vous dire... A part Fifty Shades Of Grey, je n'avais jamais lu de littérature érotique. Si vous testez Sade, sachez que Fifty Shades of Grey, c'est du pipi de chat à côté.

Sade, j'en entends régulièrement parler en cours. On ne l'a jamais étudié mais il arrive qu'il soit évoqué lorsque l'on parle du libertinage. Une fois encore, ma curiosité était piquée. Je cherchais un livre rapide à lire, pas trop gros et Sade a tout d'un coup atterri au sommet de ma PAL.

Il faut le savoir, âmes sensibles, s'abstenir. Sade n'y va pas de main morte. Il raconte l'initiation au plaisir sexuel de la jeune Eugénie qui se trouve entre les mains de Mme de Saint Ange et de Dolmancé. Ces deux là sont des grands libertins et vont apprendre à Eugénie, une quinzaine d'années, ce que sont que les plaisirs de la chair. Tout y passe. Rien n'est oublié. Et le langage cru est de mise (il y a même des mots dont je ne soupçonnais pas l'existence. *Team Prude*). Il y a certaines choses qui m'ont absolument dégoûtée. Par exemple, l'inceste : pour Dolmancé et Mme de Saint Ange, ce n'est absolument pas un crime. Je ne veux même pas y penser tellement c'est affreux. Et puis, les parties de jambes en l'air à trois, puis quatre...Très peu pour moi.

La plupart des scènes vise à éduquer théoriquement la jeune Eugénie : comment éviter de tomber enceinte, comment être libertine sans entacher son honneur de femme mariée, comment manipuler les autres pour les faire tomber dans le libertinage... ça en serait presque instructif. Le passage sur l'avortement m'a un peu perturbée. Je ne suis pas contre l'avortement mais les méthodes de l'époque devaient être absolument douloureuses. De plus, les personnages parlaient de l'avortement comme d'une chose qui n'est absolument pas bouleversante et comme LA chose à faire sans se poser de questions. Je pense que nous ne sommes plus du tout dans cette optique là aujourd'hui mais lire ça, ça n'a pas été facile (et heureusement que les méthodes de l'avortement ne sont pas du tout décrites, je ne pense pas que j'aurais supporté).

Je n'ai lu que les quatre premiers dialogues de cette œuvre de Sade. Je pense que cela suffit amplement. De plus, cela aurait fini par m'ennuyer. On ne peut pas nier que le marquis a un bon style d'écriture. Même si c'est cru, c'est amené assez finement. Pour moi, ça c'est de la littérature érotique. Si vous voulez découvrir ce style littéraire, ce livre est « idéal ». C'est beaucoup mieux écrit que Fifty Shades, c'est un classique qui se lit plutôt rapidement et c'est un petit investissement (2€ chez Folio pour les quatre premiers dialogues) donc vous ne prenez pas beaucoup de riques.

Le petit bémol de mon édition : sur la quatrième de couverture, il y a THE coquille impardonnable. En dessous du titre, ils indiquent qu'il n'y a que les quatre premiers dialogues. Jusque là, ça passe. Sauf qu'ils ont écrit quatre avec un S. Comment on peut passer à côté de cette énormité ?!
Lu et chroniqué en avril 2013