mercredi 4 février 2015

Driss Chraïbi : La civilisation, ma mère !



La civilisation, ma mère !

Deux fils racontent leur mère, à laquelle ils vouent un merveilleux amour.
Le plus jeune d'abord, dans le maroc des années 30. menue, fragile, gardienne des traditions, elle est saisie dans des gestes ancestraux, et vit à un rythme lent, foetal. radio, cinéma, fer à repasser, téléphone deviennent des objets magiques, prétextes d'un haut comique. puis nagib, le frère aîné, prend le relais. durant les années de guerre, la mère s'intéresse au conflit, adhère aux mouvements de libération des femmes et, globalement, de son peuple et du tiers monde.
Elle en est même le chantre. elle sait conduire, s'habille à l'européenne, réussit tous ses examens. elle est toujours semblable : simple et pure, drôle, et toujours tendre.

MON AVIS :

La lecture de ce livre s'est faite un peu par hasard. Je m'étais donné pour objectif de lire une grande partie des œuvres du programme de collège en français. Puis, j'ai proposé cette lecture à quelques uns de mes élèves. Je me suis donc aussi attelée à cette lecture et mon bilan est plutôt positif.

L'histoire est celle d'une mère marocaine qui n'est jamais sortie de chez elle. Elle ne connaît rien à la civilisation : l'électricité, le cinéma, la radio...Tout ça, c'est un grand mystère pour elle. Alors, ces deux fils décident de prendre les choses en main. C'est un réel bonheur de voir cette maman évoluer dans ce monde, portée par ses deux fils.

Le roman est découpé en deux parties. Chacune des parties est racontée par un des deux fils. Le premier, de mémoire, ne donne pas son nom et le second se prénomme Nagib. Dans la  première moitié du roman, nous apprenons à faire connaissance avec les personnages. Cette partie est intéressante mais j'avoue avoir eu un peu de mal à accrocher. Je l'ai trouvée moins rythmée que la seconde partie. Je ne saurais vraiment expliquer comment mais la narration est différente. Pourtant, les anecdotes sont très fortes dans tout le roman !

Le personnage de la mère est hors du commun. J’ai adoré sa façon d’être. Elle découvre la vie avec un mélange de peur et d’excitation. Cette mère garde tout d’abord une certaine âme d’enfant. Elle observe le changement avec un certain recul et une certaine méfiance. Mais elle s’adapte, et plutôt bien ! J’ai adoré comment ses fils lui font découvrir la vie « civilisée » et comment elle réagissait. C’était poétique, dynamique et beau, tout simplement. De plus, ils lui permettent de réellement s’émanciper et pour une femme c’est très important. Elle a été mariée à 13 ans et n’a jamais quitté sa maison depuis, sauf pour faire quelques courses au coin de sa rue. Cette émancipation prend du temps et son mari ne comprend pas trop ce qu’il se passe. Mais il laisse faire et c’est plutôt positif. 

La fin du roman nous dévoile une femme pleine d’idées, prête à se défendre pour ses idées et à rattraper le temps perdu. Son fils suit les pas de sa mère et ne la quittera pour rien au monde. Cet amour filial est très beau à voir. 

Le style de l’auteur nous emporte avec une facilité déconcertante. Tout comme dit auparavant, nous avons une écriture poétique et dynamique. A cela, Driss Chraïbi ajoute une pointe d’humour. On sort de cette lecture d’humeur joyeuse et plein d’optimisme !

En bref : une très bonne découverte !


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