mercredi 15 octobre 2014

Walter Tillage : Léon



Léon

Léon se souvient d'avoir longtemps fait sept kilomètres à pied pour se rendre à l'école avec ses frères et soeurs. Il se souvient qu'il fallait se cacher au passage du bus scolaire des enfants blancs, car souvent ils descendaient pour les frapper et leur jeter des pierres, avec la bénédiction du conducteur. Il se souvient que son père a travaillé sans relâche sans jamais pouvoir offrir de vêtements neufs à ses enfants. Et qu'il est mort, en pleine rue, renversé par une voiture de jeunes Blancs qui voulaient s'amuser. Leon Walter Tillage est né en 1936, dans le Sud des Etats-Unis. Ce livre est son histoire.

MON AVIS :

Cette lecture m’a été proposée par des collègues. Au premier abord, je n’étais pas emballée : la couverture est trop sobre (comme toutes celles de L’Ecole des Loisirs) et l’histoire ne m’intriguait pas vraiment. Mais le livre n’est pas épais, les caractères sont assez grands et je lui ai donc très vite laissé sa chance. Je ne le regrette nullement !


L’histoire est celle de Léon, jeune garçon noir vivant aux Etats-Unis. Mais ce n’est pas n’importe quelle histoire puisqu’en réalité, l’auteur s’appelle Léon Walter Tillage. Il s’agit donc d’une autobiographie. Ainsi, cela donne encore plus de poids à ce récit. Léon raconte comment il a vécu sa jeunesse en tant qu’américain noir. Il a connu le racisme et toute la violence qui en découlait. Mais il s’est aussi battu pour pouvoir avoir les mêmes droits que les blancs. Son récit sert de témoignage et aide à ne pas oublier ces horreurs perpétrées à tous ces êtres humains. 


Le récit est poignant et horrifiant à la fois par les faits racontés mais aussi le style employé. Ce dernier est très particulier. En effet, Walter Tillage n’a pas écrit son livre mais il l’a raconté. Susan L. Both a rencontré Léon Walter Tillage par le biais de l’école de sa fille et elle a donc décidé de coucher par écrit le récit de Léon. Ce dernier lui a donc tout raconté et avec lui, elle a tout retranscrit en essayant de modifier le moins de choses possibles. Grâce à cette méthode, le récit est d’autant plus réaliste. Nous avons vraiment l’impression d’être en face de Léon et de l’entendre nous raconter son histoire.


J’ai été assez touchée par cette histoire. Le racisme est quelque chose que je ne supporte pas. Alors, en lisant les phrases de Léon, je ne pouvais être qu’horrifiée : les toilettes pour les blancs et pour les noirs séparés, l’eau de la fontaine, les blancs qui ne sont pas poursuivis pour violence envers des personnes noires… Désolant, répugnant, horrifiant. Bien heureusement les temps ont changé. Le racisme est toujours présent (et je pense qu’il le sera toujours) mais la situation c’est largement améliorée.


En résumé, cette histoire participe au devoir de mémoire. C’est un très beau témoignage qui se lit très vite mais qui ne laisse personne indifférent. Le public auquel ce roman est destiné peut apprendre beaucoup de choses de cette autobiographie. Une très bonne découverte.



Petit Gif tiré du film "The Help"(adaptation du roman éponyme), traitant du même sujet que "Léon"... Merveilleux film d'ailleurs.


Personne ne m'a jamais demandé ce que c'était que d'être moi...

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