vendredi 11 juillet 2014

Raymond Queneau : Zazie dans le métro



Zazie dans le métro

Zazie débarque à Paris pour la première fois chez Tonton Gabriel. Le Panthéon, Les Invalides et le tombeau du véritable Napoléon, elle n'en à que faire ! Mais kess-qui l'intéresse alors, Zazie ? Le métro ! Et quand elle apprend que les employés sont en grève, elle leur envoie une volée d'injures. Ne contrariez pas Zazie !

MON AVIS :

Raymond Queneau est un auteur qui m’intrigue depuis que j’ai découvert en partie son œuvre « Exercices de style ». Cette découverte remonte à un cours de français en 3ème, il y a donc 7-8 ans (coup de vieux !). Depuis, j’ai toujours voulu lire autre chose de sa main et Zazie dans le métro a fini dans ma PAL il y a deux ans (si ma mémoire est bonne… ce dont on peut douter étant donné que je commence à me faire vieille !)…


L’histoire est celle de Zazie, une petite fille en vacances à Paris chez son oncle. Le titre du roman m’intriguait et ayant lu le livre, je suis d’autant plus intriguée ! Le métro est mentionné mais Zazie n’y met pas les pieds… à cause d’une grève ! Ainsi, le titre est décalé par rapport à l’histoire. Et c’est un choix de l’auteur absolument logique étant donné la teneur de son roman.


En effet, plus on tourne les pages, plus l’histoire est décalée. Le départ est relativement classique et banal mais la fin nous baigne dans un mélange d’absurde et de surprises. Tout se bouscule, les personnages se révèlent plus ou moins, nous voyons Paris sous un autre jour. Le décalage se situe partout, il se glisse furtivement entre chaque lettre et chaque chapitre. Il vous rattrape au moment même où vous pensiez enfin avoir trouvé un équilibre. Par moment, le décalage est tel que c’est le flou total. Il m’est arrivé de me demander où l’histoire en était vraiment, quelle scène se déroulait sous mes yeux et dans quelles conditions… Raymond Queneau réussit à lier les différentes scènes de son histoire sans transition bien tranchée. Certes, nous avons les chapitres mais à l’intérieur même de ces derniers, nous sommes confrontés à des basculements inopinés.


Pour ce qui est des personnages, je ne me suis attachée à aucun d’entre eux. Ils sont tous très particuliers et on ne sait sur quel pied danser avec certains. Leur identité n’est pas toujours clairement définie ou si elle l’est, elle est remise en question à un moment ou à un autre. Zazie est une petite fille infernale, tête-à-claques, menteuse. Son oncle paraît sympathique, avec une double vie qui le rend encore plus incapable de gérer Zazie. Quant aux autres personnages, j’avoue avoir déjà oublié leurs noms. Ils sont simples dans le sens où ce sont des personnes que l’on peut facilement croiser dans la vie de tous les jours. Mais pourtant, je n’ai pas su y trouver une petite dose d’humanité puisque leur identité m’a semblé mal définie.


Enfin, revenons sur l’écriture de Queneau. Il va de soi que cet écrivain français maîtrise la langue de Molière. Il arrive à jouer avec les mots d’une façon pointilleuse et subtile. Pourtant, il ne se laisse pas aller à utiliser un langage pompeux. Il joue avec la langue française familière : les mots sont élidés, les phrases ne sont pas toujours bien construites, la vulgarité est au premier plan. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangé. Jouer avec la langue française, je trouve ça génial !


En bref : je n’ai pas détesté, je n’ai pas adoré. J’ai été surprise et décontenancée par ce livre atypique.

L’écriture vous charme et l’histoire vous intrigue par son côté décalé. Une bonne découverte !

Un gif pour résumer :  
 Lu et chroniqué en juillet 2014

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