mardi 9 juin 2015

Marie Pavlenko : Le Livre de Saskia, tome 2



Le livre de Saskia, tome 2 : L'épreuve 

Saskia plonge dans un monde mystérieux, celui des Enkidars, créatures ailées millénaires, dont elle se met en devoir d'apprendre la culture, la langue, les codes. Dans ce monde inédit, il lui faut trouver sa place. Or cette place a tout l'air d'être exceptionnelle : Saskia serait en effet le Troisième Enkidar annoncé par une prophétie très ancienne. Si c'est le cas, elle est appelée à réconcilier Gardiens et Faucheurs, deux peuples ennemis depuis la nuit des temps. Saskia devra pénétrer cet univers enchanté, se faire accepter, déjouer les pièges que lui tendent ses ennemis, et rencontrer ses vrais parents. Soutenue par Tod, son amour, par des amis précieux, aidée de son Kartan, pierre magique unique, elle affrontera machinations et dangers pour accomplir sa destinée.

MON AVIS :

En février dernier, je découvrais le tome 1 grâce à Crouton. Ce tome 1 a été dévoré en trois jours. Ici, ce tome 2 a lui aussi été dévoré. Il m’a fallu cinq jours pour le lire mais ça aurait été beaucoup plus vite si j’avais été en vacances ! 


Ce deuxième opus est à la hauteur de mes espérances. Le deuxième tome d’une trilogie est toujours vital : il est central, il ne faut donc pas passer à côté et je pense que pour un auteur, ça doit être un grand challenge. Saskia a eu son réveil et elle se retrouve poursuivie par le Surclan… Avec Tod, Mara, Jenna et Victor, ils se dirigent vers le Nid, le clan des Faucheurs…


Les actions s’enchaînent et ne laissent aucun répit au lecteur. Marie Pavlenko n’est pas tombé dans ce vieux piège où toutes les actions s’enchaînent les unes après les autres trop facilement rendant l’intrigue plate et peu intéressante. Au contraire, même s’il n’y a pas de temps mort, ce n’en est pas pour autant simple pour nos héros. Chaque action apporte son lot d’informations ou de désinformations. L’intrigue progresse avec justesse et précision.


De plus, nous découvrons de nombreux nouveaux personnages comme Niels, Gwen, Arbelle, Nahia et autres.  J’ai de suite eu un coup de cœur pour Niels : il m’a paru bon, charismatique, intelligent. Il est essentiel à l’histoire et je suis ravie qu’il soit autant présent. Gwen, sous ses allures de brute (je caricature), me fait penser à un Teddy Bear drôle et j’aurais beaucoup aimé l’avoir comme ami !  Je ne peux m’étaler sur tous les nouveaux personnages mais j’ai été ravie de croiser leur route. Ils amènent tous un vent de fraîcheur à l’histoire. Tod est moins présent ce qui relègue légèrement la romance au second plan. Nous avons tout de même droit à quelques scènes de jalousie de Saskia et comme dans le premier tome, j’ai trouvé qu’elle sur-réagissait un peu. Néanmoins, elle a le mérite de vite apprendre de ses erreurs et ça me plaît beaucoup !! Enfin, Domitille et Antoine sont beaucoup plus développés et je les ai adorés. Ils paraissent naïfs mais ils sont très courageux et drôles (à leur insu souvent…). 


Ce qui m’a aussi énormément plu dans ce tome, c’est le doute que sème Marie Pavlenko… Qui sont les gentils ? Qui sont les méchants ? Jusqu’au bout, le lecteur doute et à la fin de ce tome, tout le mystère reste entier… Les éléments de réponses apportés créent d’autres questions. Des rebondissements permettent au lecteur de rester en haleine et on ne peut s’empêcher de tourner les pages avec frénésie. Les dernières pages sont grandioses avec un final qui vous fait vous jeter sur la suite.


En résumé : un second tome ensorcelant, avec des personnages forts, une intrigue qui tient la route au-delà de nos espérances et un final frustrant : on veut la suite ! (D’ailleurs, à l’heure où je vous poste cette chronique, il ne me reste qu’une centaine de pages du tome final  à lire…)

Oh mon Dieu, c'était génial !

vendredi 5 juin 2015

Emile Zola : Thérèse Raquin





Thérèse Raquin


Thérèse Raquin est la fille d'une Algérienne et d'un capitaine français, Degans, posté en Algérie. Thérèse a deux ans ; son père la confie à sa soeur, Madame Raquin, qui habite en métropole. Elle a un fils, Camille, de santé fragile. Thérèse partage l'enfance et l'adolescence de Camille. Lorsque Thérèse a 18 ans, Madame Raquin marie les deux cousins. Camille souhaite aller vivre à Paris et travailler dans une grande administration. Madame Raquin trouve une boutique et un appartement au passage du Pont Neuf. Les femmes y ouvrent une mercerie tandis que Camille trouve un emploi dans l'administration du chemin de fer d'Orléans. Pour Thérèse commencent trois années de vie monotone, ponctuées tous les jeudis soir par la visite des mêmes invités : le vieux Michaud, commissaire de police retraité et ami de Madame Raquin, son fils Olivier, également dans la police, sa femme Suzanne et Grivet, collègue de Camille : Ils prennent le thé en jouant aux dominos. Thérèse déteste ces soirées.

MON AVIS :

Ce deuxième Zola a été une excellente dcouverte ! J’avais eu un réel coup de cœur pour son roman Au Bonheur des dames, que j’ai lu il y a déjà 4 ans. Depuis, aucun Zola n’était repassé entre mains. Avec cette deuxième excellente expérience, je pense que je vais plus sérieusement m’atteler à la découverte des Rougon-Macquart.

Thérèse Raquin ne fait pas partie de cette grande fresque mais le roman n’en est pas moins intéressant. Il s’agit de l’histoire de Thérèse, Camille, Laurent et Mme Raquin (mère de Camille). Thérèse a été élevée par Mme Raquin et elle se retrouve mariée à Camille, tout naturellement. Thérèse n’est pas très expansive, elle se laisse faire. Puis, elle rencontre Laurent et tout change. Ensemble, ils vont décider de tuer Camille, l’obstacle principal à leur amour. Mais ce meurtre n’aura pas les effets désirés…

L’atmosphère du roman est très oppressante, très noire. C’est très particulier. Chaque mot est pesant : le lecteur ressent ce malaise tout comme Thérèse et Laurent. Toute l’histoire monte crescendo et les dernières pages sont une sorte d’apothéose : l’horreur est à son comble, les douleurs de Thérèse et Laurent le sont tout autant. Les deux amants et ennemis ne savent comment gérer leur passion, leur amour, leur haine. Le fantôme de Camille plane entre eux et même le lecteur ne peut l’oublier. Alors qu’il n’est pas physiquement présent dans la plus grande majorité du roman, Camille est une personne à part entière, c’est même, selon moi, le personnage principal. 

La plume de Zola est en contradiction avec cette sensation de lourdeur dû à ces personnages étranges. Bien souvent, en pensant à ce grand auteur français, on s’image de longues phrases indigestes, avec un vocabulaire soutenu. Dans Thérèse Raquin, cette plume est légère. En effet, il est très facile de se plonger dans ce roman. J’avais ressenti la même chose à la lecture d’Au Bonheur des dames. Cette écriture reste tout de même riche : chaque mot est bien placé, chaque phrase est importante et chaque paragraphe fait avancer l’histoire. Zola se sert de ses personnages pour décrire une société terne, où le sexe et le crime les entraînent dans les sombres méandres de leurs esprits. Par moment, surtout faire la fin du roman, j’ai eu l’impression que l’histoire n’avançait pas, qu’il y avait des longueurs. Mais avec le recul, je réalise que j’avais juste un peu peur de l’issue de ce roman. Zola peut être fier ! Son écriture a su me plaire, une fois encore.

En résumé : un classique oppressant, noir et dérangeant. Mais à lire !

"Stop ! Stoppez cette folie".
C'est moi face à Thérèse et Laurent. Ou Thérèse et Laurent,
face à eux-mêmes et à leurs folies.

lundi 1 juin 2015

Bilan mensuel [12]


BILAN n°12 :

C'est l'heure du bilan !
Dans les prochains bilans ainsi que dans celui-ci, vous aurez mes livres lus, les chroniques publiées et mes acquisitions.

Livres lus en mai : (du plus récent au plus ancien)

Thérèse Raquin de Emile Zola - 252 pages (Chronique)

Un classique oppressant, noir et dérangeant. Mais à lire !

 L'Héritière (tome 1) de Melinda Salisbury - 327 pages (Chronique)

L’auteur réussit à rendre la romance et la fantasy de son univers utile et distrayant. Nous nous évadons facilement au royaume de Lormere aux côtés de Twylla et en refermant ce tome, on aimerait avoir le second à portée de main.






 
Nous les menteurs de E. Lockhart - 288 pages (Chronique)


Une lecture rapide, prenante mais qui aurait pu être plus criante d’authenticité et plus émouvante.





All I know now de Carrie Hope Fletcher - 352 pages (Chronique)



C’est un livre qui peut-être lu par des adolescents et par jeunes adultes, âgés d’une vingtaine d’années, ce livre se lit aussi très bien puisqu’il permet de comprendre quelques situations vécues, de faire le point sur nos souvenirs et de réfléchir à tout cela.




Total de 1219 pages pour 4 livres lus. Cela fait deux mois que mon rythme de lecture baisse... Entre le boulot et les études, ces deux derniers mois n'ont pas été de tout repos. Quant à mon challenge Goodreads, je n'arrive toujours pas à rattraper mon retard. Espérons que l'été me vienne en aide.

 Mes acquisitions :

Ces deux acquisitions sont arrivées dans mon casier au collège :D
- Enfances, adolescences : recueil de nouvelles 
- La classe de neige de Emmanuel Carrère 

 





Petits achats personnels :
- Les Fourberies de Scapin de Molière en BD (+le texte intégral et original à la fin)
- L'Enfant Noé d'Eric-Emmanuel Schmitt 
- Thérèse Raquin de Zola  

Et un petit carnet "Wuthering Heights" (="Les Hauts de Hurlevent) 

samedi 30 mai 2015

Melinda Salisbury : L'Héritière





CRITIQUE REALISEE DANS LE CADRE DES CHRONIQUEURS GALLIMARD

L’Héritière

À la cour du royaume de Lormere, Twylla, dix-sept ans, est promise au prince héritier, selon la volonté des dieux. Elle possède un don, le pouvoir de tuer tous ceux qu’elle touche : elle est l’arme parfaite ! La cruelle reine qui l’a adoptée la contraint à exécuter les traîtres. Jusqu’au jour où Lief, nouveau garde charmant et rebelle, fait vaciller la jeune fille dans sa foi et sa soumission…
MON AVIS :

Un grand merci à Gallimard Jeunesse pour cette très bonne découverte ! Dès réception, la couverture me faisait grandement envie.


L’Héritière est le premier tome d’une trilogie qui s’annonce très bien ! Très rapidement, nous rentrons dans un univers particulier où se mêle la fantasy et le médiéval. Nous suivons le parcours de Twylla, jeune fille tenant un rôle titre à la cour du royaume de Lormere. Elle est la Daunen incarnée et toute personne n’étant pas de sang royal ne peut la toucher : sa peau est empoisonnée. Lief, un garde, va tout remettre en question.


J’ai beaucoup aimé lire ce roman, je dirais même que je l’ai dévoré. Il m’aura fallu deux jours pour arriver au bout, c’est quand même rapide et ça ne m’arrive que très rarement. Néanmoins, je vais commencer par le négatif (pour mieux terminer sur le positif !).


Dès le début, j’ai décelé un véritable potentiel dans l’univers et les royaumes présentés. Pourtant, j’ai trouvé qu’ils étaient occultés par la romance. Ne vous méprenez pas, j’ai beaucoup aimé cette romance. Elle est légère, jolie, correctement amenée. Mais nous avons, encore une fois, un triangle amoureux. S’il vous plaît, chers auteurs, arrêtez avec les triangles amoureux : c’est vu et revu, il est temps d’innover. Il est certes différent de ce qu’on a l’habitude de voir dans la young adult mais ça m’a agacé. Ensuite, même si j’aime cette romance, j’ai trouvé qu’elle prenait trop de place. J’aurais aimé que l’univers créé par l’auteur et l’intrigue expliquée soit plus centrale. Dans ce que j’ai lu, j’ai eu l’impression que c’était l’intrigue et l’univers qui gravitaient autour de cette histoire d’amour entre Lief et Twylla. C’est dommage car il y a tellement de matières à explorer…


Mélinda Salisbury crée un univers complet avec un royaume et ses légendes, son gouvernement, sa hiérarchie… Au sein même de ce royaume, de nombreux personnages gravitent : la reine, le roi, Merek, Dorin, Lief et Twylla, pour les principaux. La reine est machiavélique : on le ressent, on en est témoin mais il aurait encore plus sympathique de la voir plus précisément à l’œuvre. Merek et Dorin sont sous exploités selon moi. Et avec ces personnages sous exploités, c’est toute l’histoire qui en pâtit. Pourtant, j’ai adoré découvrir les différentes parties du château, découvrir plus intensément les coutumes de ce royaume, les différentes croyances avec les dieux et diverses cérémonies… 


J’ai apprécié l’écriture de l’auteur et la manière dont elle se sert de son métier d’écrivain pour mettre au jour des questions universelles. A travers ce roman, elle pose la question des religions et des croyances, du pouvoir que les gens instruits et puissants ont sur les plus « pauvres » et les plus démunis. Sommes nous manipulés ? Sommes nous vraiment protégés par nos croyances ?


En résumé, l’auteur réussit à rendre la romance et la fantasy de son univers utile et distrayant. Ce n’est pas un roman qui pousse à la réflexion profonde mais il a le mérite de nous interroger un instant. Nous nous évadons facilement au royaume de Lormere aux côtés de Twylla et en refermant ce tome, on aimerait avoir le second à portée de main.

On approuve cette lecture !