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jeudi 9 juillet 2015

Robert Galbraith (JK Rowling) : The Silkworm





 The Silkworm

Quand l'écrivain Owen Quine disparaît dans la nature, sa femme décide de faire appel au détective privé Cormoran Strike. Au début, pensant qu'il est simplement parti s'isoler quelques jours comme cela lui est déjà arrivé par le passé, elle ne demande à Strike qu'une seule chose : qu'il le retrouve et le lui ramène. Mais, sitôt lancée l'enquête, Strike comprend que la disparition de Quine est bien plus inquiétante que ne le suppose sa femme.
Le romancier vient en effet d'achever un manuscrit dans lequel il dresse le portrait au vitriol de presque toutes ses connaissances. Si ce texte venait à être publié, il ruinerait des vies entières. Nombreux sont ceux qui préféreraient voir Quine réduit au silence. Lorsque ce dernier est retrouvé assassiné dans de mystérieuses circonstances, la course contre la montre est lancée. Pour mettre la main sur le meurtrier un tueur impitoyable, tel qu'il n'en a encore jamais rencontré dans sa carrière, Strike va devoir d'abord percer à jour ses motivations profondes.

MON AVIS : 

Robert Galbraith, ou JK Rowling pour les intimes, m’a encore séduite dans ce deuxième volume des aventures de Cormoran Strike ! Je l’ai acheté dès sa sortie l’année dernière mais il m’aura fallu près d’un an pour le sortir de ma PAL… Je m’en veux un peu, je l’avoue. Le premier tome m’avait séduite, non pas grâce à l’originalité de l’intrigue, mais grâce à l’écriture et la clarté des explications. Dans ce tome-ci, j’ai à nouveau adhéré à tout cela mais pas seulement.

L’histoire est beaucoup plus approfondie que dans le premier tome et plus macabre. De plus, je la trouve plus originale que dans le premier volet. Le meurtre a un côté satanique et littéraire… Oui, oui, littéraire. Le malheureux disparu est un auteur et nous sommes plongés dans son roman à travers son meurtre et dans le monde de l’édition. Il est intéressant de voir cet envers du décor avec cet angle bien particulier : le meurtre et les motivations de chacun. 

Dans cette aventure de Cormoran Strike, les indices sont donnés petit à petit et avec beaucoup de discrétion. Je ne suis pas quelqu’un qui devine aisément la fin des romans policiers (je ne dois pas en lire assez pour être au point ^^) et jusqu’au bout, le suspense était à son comble. Ce que j’apprécie avec les aventures de Cormoran, c’est que les éléments de réponses sont distillés page par page mais le narrateur de l’histoire (qui n’est pas un des personnages) ne dit pas tout au lecteur… Notre tâche est donc loin d’être simplifiée ! C’est frustrant mais ça donne aussi envie de continuer. Certaines choses dites à demi-mots empêchent de comprendre trop vite les enjeux du meurtre jusqu’à la révélation finale.

Mais ce que j’ai le plus apprécié dans cette histoire, c’est la psychologie des personnages. Il n’y a pas à dire, JK Rowling est une des auteurs qui manie le mieux ses personnages. Elle s’attarde sur leur personnalité, leur caractère, leurs choix… Rien n’est laissé au hasard. Les personnages secondaires, que l’on ne retrouve pas nécessairement d’un tome à l’autre, sont très détaillés. Au fur et à mesure des interrogations de Cormoran Strike, chacun complète son propre portrait mais aussi celui des autres. Quant aux personnages principaux, Cormoran, Robin et Matthew, JK Rowling est plus avare en informations mais elle en donne suffisamment pour nous permettre de nous attacher à eux. Alors que j’imaginais Cormoran comme quelqu’un d’un peu rustre, je l’ai trouvé beaucoup plus humain dans ce tome. Robin, quant à elle, est plus intéressante car plus présente. J’aime beaucoup la relation qu’elle a avec Cormoran. Par contre, son fiancé Matthew m’agace mais me fait de la peine…

En somme : un thriller psychologique, dans le Londres moderne et dans le monde littéraire. Tout pour plaire !


vendredi 6 septembre 2013

Robert Galbraith (JK Rowling) : L'appel du Coucou

The Cuckoo's Calling (Titre VF = L'appel du Coucou) :

Une nuit d'hiver, dans un quartier chic de Londres, le célèbre mannequin Lula Landry est trouvée morte, défenestrée. Suicide. Affaire classée. Jusqu'au jour où l'avocat John Briscow, frère de la victime, frappe à la porte du détective privé Cormoran Strike.

MON AVIS :

Il y a quelques semaines, nous apprenions que JK Rowling avait publié un nouveau roman sous un pseudonyme. La nouvelle a eu l'effet d'une bombe et très vite le roman de Robert Galbraith était en rupture de stock. Etant une fan inconditionnelle de JK Rowling, il me fallait ce roman. Tout ce qu'elle écrira passera entre mes mains. Je me suis donc procurée 'L'appel du coucou' en version originale lors de mon séjour à Londres et il a fallu que je commence la lecture de ce policier dans la foulée.

En effet, avec ce nouveau roman, JK Rowling s'essaie au genre policier. Il est très rare que je lise des romans policiers, non pas parce que je n'adhère pas, mais tout simplement parce que je n'en ai pas l'occasion (et je ne la provoque pas non plus !). J'étais donc plutôt contente de renouer avec le genre, surtout que les quelques critiques que j'ai entendues étaient positives.

Parlons de l'intrigue. Je ne suis pas du tout une grande adepte du genre policier mais j'en ai lu assez pour savoir à quoi m'attendre (plus ou moins !). Dans ce énième roman policier, nous suivons Cormoran Strike, détective privé. Il enquête sur la mort de Lula Landry, top modèle très célèbre. La presse et la police ont conclu au suicide mais son frère, John Bristow, n'en croit pas un mot et engage Strike. Rien qu'avec ce court résumé, on constate que l'intrigue est très classique. Un suicide qui est en réalité un meurtre, c'est monnaie courante. Pourtant, j'ai réussi à être très intéressée par le roman. Ce qui m'intéresse le plus dans le genre policier est le pourquoi et le comment. Evidemment, l'identité du meurtrier est toujours intéressante mais j'aime suivre comment le détective/le policier ou la personne en charge de l'enquête s'y prend pour dénicher les indices, les preuves et en tirer des conclusions. A ce niveau là, JK Rowling a su, une nouvelle fois, tirer son épingle du jeu. On suit l'enquête petit à petit, d'une façon régulière. Au fur et à mesure des pages, on rencontre les témoins, la famille, les amis de Lula Landry. Et le tout est dévoilé de façon clairsemée, il n'y a pas un trop plein d'informations qui arrivent d'un coup. Il y a une réelle clarté dans l'intrigue et dans son dénouement, vous n'êtes pas embrouillés par un surplus de détails inutiles. Et c'est plus qu'agréable !

Pour ce qui est des personnages, j'ai ressenti de l'attachement pour certains, du dégoût pour d'autres et de l'indifférence pour les derniers. JK Rowling a un véritable don pour construire ses personnages, leurs histoires et leur caractère. J'ai pu bien évidemment le constater avec sa saga que l'on ne présente plus mais aussi avec « Une place à prendre », son roman psychologique sorti en 2011. Avec ce roman policier, ce talent ne fait que se confirmer. Derrière chaque personnage, on découvre une véritable identité, une véritable histoire. Elle ne se contente pas de donner une façade à ses personnages, elle leur donne un fond qui revient au lecteur d'explorer. J'ai beaucoup aimé le personnage de Guy Somé, que j'ai trouvé fantaisiste et tout à fait représentatif des stylistes que l'on peut croiser (in real life ou pas). Les autres personnages secondaires sont soit agréables à découvrir soit horriblement détestables. Pourtant, la plupart d'entre eux ne sont vus « physiquement » qu'une seule fois par Strike. L'histoire est découpée d'une telle manière qu'on ne les croise que très peu, voire chacun à leur tour. On ne peut pas donc réellement s'attacher à eux ou vraiment les détester mais le peu que nous donne JK Rowling à leur sujet suffit à nous faire une bonne idée de qui ils sont, d'autant plus qu'ils sont tous régulièrement mentionnés de façon plus ou moins subtile pour qu'ils ne tombent pas aux oubliettes et pour que le lecteur ne soit pas perdu. Le personnage de Robin, la secrétaire de Strike, m'a frustrée. Je l'ai tout de suite bien apprécié et je n'ai pas changé d'avis à son sujet. Néanmoins, j'ai jugé qu'on ne la voyait que trop peu. J'avais envie de plus la voir en action et d'en savoir plus sur elle. J'imagine que la suite nous en dira plus étant donné la situation dans laquelle se trouvait ce personnage dans ce premier opus. Enfin, le personnage de Strike m'a beaucoup plu. Sur certains points, il m'a fait pensée au John Watson moderne, acolyte du bien-aimé Sherlock de la BBC. Il est assez mystérieux, on en découvre d'abord assez peu sur lui puis petit à petit il se dévoile. Il recèle encore pas mal de secrets et il m'intrigue.

En bref, on peut dire que j'ai passé un très bon moment de lecture. Une fois encore, JK Rowling a su me transporter. Peut-être que je ne suis pas totalement objective, mais j'ai fait de mon mieux avec cette chronique. La lecture en anglais de ce roman n'a pas été fastidieuse même si j'ai lu moins vite que si j'avais lu la version française. Avec la VO, j'ai pu prendre mon temps et savourer cette enquête. Aucun regret vis-à-vis de cette lecture !
Lu et chroniqué en août/septembre 2013
A paraître en VF chez Grasset en octobre 2013 

dimanche 28 octobre 2012

J.K.Rowling : Une place à prendre

Une place à prendre

Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre...
Com
édie de mœurs, tragédie teine d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes réle sous un jour inattendu un écrivain prodige.

MON AVIS :

Qui n'a pas entendu parler de JK Rowling et de son dernier roman ? Si vous n'en avez pas entendu parler, je ne peux plus rien pour vous et permettez-moi de vous rappeler que l'hibernation est réservée majoritairement aux ours.

Etant une fan inconditionnelle de Harry Potter, j'attendais avec impatience son nouveau roman. Je savais pertinemment que ça n'aurait rien à voir avec la saga désormais culte. Mais j'avais hâte de savoir ce que JK Rowling nous avait réservé et concocté. Dès le jour de la sortie, je me suis précipitée à la librairie. Une semaine plus tard, je commençais ma lecture ! Cette lecture sera particulière pour deux raisons : 1. Je retrouvais enfin JK Rowling. 2. J'ai lu ce roman en lecture commune avec Kevin du blog Palace-Of-Books ! J'ai beaucoup aimé cette expérience et j'espère qu'on pourra renouveler ça très vite !

Une douzaine de jours aura été nécessaire à la lecture d'Une Place à prendre. Malgré une typographie plutôt grande, le roman reste un pavé et il faut pouvoir lire les 680 pages ! Et pendant ces 680 pages, vous êtes dans un univers qui vous est à la fois connu et étranger. Connu parce que nous sommes au XXIème siècle, les personnages sont des gens comme vous et moi, nous faisons face à des problèmes du quotidien... Mais étranger parce que les histoires racontées sont celles qui se passent chez votre voisin une fois la porte fermée. Et c'est tous ses éléments combinés qui font que nous sommes face à un livre qui vous prend aux tripes et vous fait voir le monde sous un jour nouveau, ou tout au moins, avec un œil plus éclairé.

Il ne faut pas prendre peur à la lecture des 200 premières pages. Le début est fastidieux mais nécessaire. JK Rowling prend son temps pour poser les bases de son intrigue et présente ses nombreux personnages posément et de façon intelligente. L'intrigue est lancée dès le premier chapitre avec la mort de Barry Fairbrother. Avec son décès, une place au Conseil Paroissial de la ville se libère. Sa mort, c'est comme la petite étincelle au bout d'un bâton de dynamite. Elle va nous suivre jusqu'à la fin, jusqu'à l'explosion et au drame final. Pour moi, comme beaucoup d'autres lecteurs l'ont déjà fait remarquer, c'est Barry Fairbrother le personnage principal. Et on peut dire que c'est un sacré tour de main de la part de J.K.Rowling ! Barry est rattaché à tous les personnages d'une manière ou d'une autre. Il a beau être mort, il ne se passe pas un chapitre sans que son nom ne soit cité. Il est comme une ombre, comme un fantôme qui plane au-dessus de la ville de Pagford. Quant aux autres personnages, ils sont soit touchants, soit détestables... Et on se tient à nos impressions tout le long de la lecture ! Personnellement, il y en a un que j'ai vraiment détesté et je n'avais jamais autant détesté un personnage. Même Voldemort me paraît être une bonne pâte à côté de Simon Price. J'ai été très touchée par les personnages de Robbie, Krystal et Sukhvinder. J'ai adoré Andrew, Gaia et Fats. Ce sont tous des gens de ma génération... J'ai moins adhéré aux adultes. Certains comme Simon (passez moi l'expression) me sortaient par les trous de nez, d'autres me faisaient de la peine, d'autres m'agaçaient... On passe par toutes les émotions face à ses personnages.

L'intrigue principale est la suivante : qui va prendre la place de Barry au Conseil ? Mais pourtant, elle n'est pas mise au premier plan. On ne peut pas dire qu'une seule intrigue mène le roman. Chaque personnage a son histoire, ses problèmes et nous suivons leurs progressions. Nous sommes donc face à une multitude d'intrigues mais pourtant, on prend le train en marche et finalement on voit que tout ramène à cette place au Conseil. Et cette place au conseil touche du plus jeune protagoniste de l'histoire au plus âgé. Aucun d'eux ne sortira indemne de cette histoire.

On retrouve vraiment dans ce livre la marque de JK Rowling. Bien sûr, l'univers de Pagford n'est pas aussi riche que celui de Harry Potter. Mais aucune comparaison n'est possible. Nous sommes dans deux genres différents mais pourtant on sent la plume de notre auteur britannique contemporaine préférée. Chaque personnage est pensé, réfléchi avec précision. Chaque intrigue est menée avec délicatesse. Rien n'est laissé au hasard et au fur et à mesure de la lecture, on découvre les liens entre tous les personnages, entre toutes les histoires. On peut avoir l'impression que JK Rowling s'éparpille mais loin de là. Au contraire même. Et c'est là qu'on voit que c'est une auteure hors du commun. Fan d'Harry Potter ou non, on se doit de lui laisser sa chance avec ce nouvel ouvrage.

Objectivement, j'ai aimé.

Lu et chroniqué en octobre 2012