dimanche 5 mai 2013

Sophie Kinsella : Les petits secrets d'Emma

Les petits secrets d'Emma.


Ce n'est pas qu'Emma soit menteuse, non, c'est plutôt qu'elle a ses petits secrets. Par exemple, elle fait un bon 40, pas du 36. Elle ne supporte pas les strings. Elle a très légèrement embelli son CV. Elle déteste sa cousine Kerry. Et avec Connor, son petit ami, au lit ce n'est pas franchement l'extase. Bref, rien de bien méchant, mais plutôt mourir que de l'avouer. Mourir ? Justement... Lors d'un voyage en avion passablement mouvementé, Emma croit sa dernière heure arrivée. Prise de panique, elle déballe tout à son séduisant voisin. Tout et plus encore. Sans imaginer que l'inconnu en question est l'un de ses proches. Très proche même...

MON AVIS :

Cela faisait un long moment que je n'avais pas lu de chick-lit. Une amie m'a prêtée ce livre il y a quelques mois et j'avais, je l'avoue, oublié son existence (du livre, pas de mon amie. Je ne suis pas si indigne que ça !). Puis, j'ai eu un flash et je me suis dit que je devais le lire afin de lui rendre.

Une journée aura suffi pour lire ce livre. Il y a longtemps que j'avais apprécié une lecture comme ça. La chick-lit est un genre bien connu pour être léger, simple à lire et plutôt girly il ne faut pas se mentir ! Pour ma part, je pense que ce genre peut s'apprécier pleinement quand on en lit de temps à autre, à des intervalles plutôt espacés. La recette est souvent la même mais elle risque de marcher à tous les coups si on n'y goûte pas trop souvent.

Cela fait quelques années que j'entends parler de Sophie Kinsella et surtout de sa saga à succès « L'accro du shopping ». Pourtant, je n'en avais jamais ouvert un seul. L'occasion de découvrir cette auteur est arrivée avec le livre « Les petits secrets d'Emma », que j'ai lu en anglais. Une chose est sûre : je regretterais presque de ne pas avoir tenté l'expérience plus tôt.

Dès les premières pages, on est plongé dans la vie d'Emma. J'ai adoré suivre le moindre de ses mouvements ainsi que la moindre de ses pensées. Emma est une fille dans toute sa splendeur. Elle a su me toucher à travers tous ses déboires. Je l'ai trouvée très réaliste et absolument drôle. Elle a le don de se fourrer dans des situations impossibles et d'avoir des pensées pour le moins fantasques. Mais qu'est ce qu'elle a pu me faire rire. La scène d'ouverture, dans l'avion, est absolument magique. Elle pense qu'elle va mourir à cause des turbulences et elle balance tous ses secrets à son voisin qu'elle ne connaît ni d'Eve ni d'Adam (Comme quoi elle ne sait pas où est son point G, qu'en réalité elle est plus grosse qu'elle ne le dit, qu'elle n'a jamais vraiment été amoureuse de son petit ami etc.) ! C'est tellement embarrassant que ça en est drôle. Et cette scène est le déclencheur de tant d'autres...

Les autres personnages sont tout aussi intéressants. La plupart sont adorables et les petites exceptions méritent qu'on en prenne une pour taper sur l'autre. Mais le tout donne un mélange détonnant ! La cousine d'Emma est absolument affreuse et hypocrite. Les deux colocataires d'Emma sont excellentes même si Jemima mérite des baffes alors que Lissy est toute mignonne. J'ai adoré la réaction de Lissy quand elle a cru qu'Emma était homosexuelle. Elle le prend très bien mais les réflexions qu'elle fait m'ont tuée. En fait, Lissy est comme Emma et ensemble, elles donnent le ton à des scènes extrêmement sympathiques. Quant aux personnages masculins, bizarrement, j'ai eu un peu de mal avec eux. Connor, premier petit ami d'Emma m'a laissé de marbre et je n'ai éprouvé aucune compassion à son égard. Jack m'a beaucoup plu mais je l'imagine comme ayant une quarantaine d'années et ça m'a perturbée vis-à-vis de son histoire avec la jeune femme. Mais ce n'est qu'un menu détail.


L'histoire en elle même n'est pas très originale car sans réelle surprise. Mais l'évolution de la relation entre tous les personnages est très intéressante et c'est cela qui fait de ce roman un bon roman de chick-lit. De plus, le style de Sophie Kinsella est très léger et il se prête très bien au genre.

En somme, j'ai tellement ri que je classerais presque ce livre dans la catégorie coup de cœur. C'est frais, ça donne du peps, ça vous revigore. C'est une lecture idéale pour se détendre et passer un excellent moment.
Lu et chroniqué en avril 2013

jeudi 2 mai 2013

D.A.F de Sade : La Philosophie dans le boudoir

La philosophie dans le boudoir

Dolmancé à Eugénie : " Soyez de même extrêmement libre avec les hommes ; affichez avec eux l'irréligion et l'impudence : loin de vous effrayer des libertés qu'ils prendront, accordez-leur mystérieusement tout ce qui peut les amuser sans vous compromettre ; laissez-vous manier par eux...
; m
ais, puisque l'honneur chimérique des femmes tient à leurs prémices antérieures, rendez-vous plus difficile sur cela ; une fois mariée, prenez des laquais, point d'amant, ou payez quelques gens sûrs : de ce moment tout est à couvert ; plus d'atteinte à votre réputation, et sans qu'on ait jamais pu vous suspecter, vous avez trouvé l'art de faire tout ce qui vous a plu. " " Pour qui veut aller au fond de ce que signifie l'homme, la lecture de Sade est non seulement recommandable, mais nécessaire " (Georges Bataille).

MON AVIS :

Comment vous dire... A part Fifty Shades Of Grey, je n'avais jamais lu de littérature érotique. Si vous testez Sade, sachez que Fifty Shades of Grey, c'est du pipi de chat à côté.

Sade, j'en entends régulièrement parler en cours. On ne l'a jamais étudié mais il arrive qu'il soit évoqué lorsque l'on parle du libertinage. Une fois encore, ma curiosité était piquée. Je cherchais un livre rapide à lire, pas trop gros et Sade a tout d'un coup atterri au sommet de ma PAL.

Il faut le savoir, âmes sensibles, s'abstenir. Sade n'y va pas de main morte. Il raconte l'initiation au plaisir sexuel de la jeune Eugénie qui se trouve entre les mains de Mme de Saint Ange et de Dolmancé. Ces deux là sont des grands libertins et vont apprendre à Eugénie, une quinzaine d'années, ce que sont que les plaisirs de la chair. Tout y passe. Rien n'est oublié. Et le langage cru est de mise (il y a même des mots dont je ne soupçonnais pas l'existence. *Team Prude*). Il y a certaines choses qui m'ont absolument dégoûtée. Par exemple, l'inceste : pour Dolmancé et Mme de Saint Ange, ce n'est absolument pas un crime. Je ne veux même pas y penser tellement c'est affreux. Et puis, les parties de jambes en l'air à trois, puis quatre...Très peu pour moi.

La plupart des scènes vise à éduquer théoriquement la jeune Eugénie : comment éviter de tomber enceinte, comment être libertine sans entacher son honneur de femme mariée, comment manipuler les autres pour les faire tomber dans le libertinage... ça en serait presque instructif. Le passage sur l'avortement m'a un peu perturbée. Je ne suis pas contre l'avortement mais les méthodes de l'époque devaient être absolument douloureuses. De plus, les personnages parlaient de l'avortement comme d'une chose qui n'est absolument pas bouleversante et comme LA chose à faire sans se poser de questions. Je pense que nous ne sommes plus du tout dans cette optique là aujourd'hui mais lire ça, ça n'a pas été facile (et heureusement que les méthodes de l'avortement ne sont pas du tout décrites, je ne pense pas que j'aurais supporté).

Je n'ai lu que les quatre premiers dialogues de cette œuvre de Sade. Je pense que cela suffit amplement. De plus, cela aurait fini par m'ennuyer. On ne peut pas nier que le marquis a un bon style d'écriture. Même si c'est cru, c'est amené assez finement. Pour moi, ça c'est de la littérature érotique. Si vous voulez découvrir ce style littéraire, ce livre est « idéal ». C'est beaucoup mieux écrit que Fifty Shades, c'est un classique qui se lit plutôt rapidement et c'est un petit investissement (2€ chez Folio pour les quatre premiers dialogues) donc vous ne prenez pas beaucoup de riques.

Le petit bémol de mon édition : sur la quatrième de couverture, il y a THE coquille impardonnable. En dessous du titre, ils indiquent qu'il n'y a que les quatre premiers dialogues. Jusque là, ça passe. Sauf qu'ils ont écrit quatre avec un S. Comment on peut passer à côté de cette énormité ?!
Lu et chroniqué en avril 2013

jeudi 25 avril 2013

Gad Elmaleh : Sans Tambour - Théâtre Sébastopol, Lille le 24/04/2013



Noël 2005. J'ouvre les paquets au pied du sapin. Dans un des paquets se trouvait le DVD de Gad Elmaleh « L'autre c'est moi », offert par ma grand-mère. (Elle est pas un peu über cool ma grand-mère ?). Je ne connaissais absolument pas ce type. Et du coup, avec toute la famille, on a regardé le spectacle. Et je me souviens d'avoir rigolé du début à la fin. Et je suis donc tombée sous le charme de Gad.

Son spectacle suivant, « Papa est en haut » me fait tout autant rire. Entre les deux DVDs de ses deux spectacles, mon cœur balance. Je les ai revus il y a deux jours (les deux d'affilée histoire de me mettre dans l'ambiance) et bien que je les connaisse par cœur, je rigole encore comme au premier jour. Les sketchs sont devenus cultes.

Un mardi, je me réveille à 7h30 tranquille. Premier réflexe, je regarde mes mails sur mon téléphone (au cas où on aurait un mail de la fac. Vous savez un mail vous annonçant un cours d'annulé... bref !) et je vois « Alerte Fnac : Gad Elmaleh ». Ni une ni deux, je clique et je vois qu'il annonce deux dates à Lille, vente des places en ligne dès 10h. Sans attendre, je me mets en position Ninja et j'appelle ma mère sur son téléphone. Je lui demande si ça la tente, elle me dit oui. Je lui dis donc d'être à 10h devant son ordinateur et de prendre les places. « Mais je travaille à 10h ! » Voilà ce qu'elle me répond. En bonne citoyenne je lui rétorque : « On s'en fout, tu prends ta pause à 10h et tu es au taquet pour prendre les meilleures places ». Ma mère a tellement été cool qu'elle a fait ce que je lui ai demandé et on a eu nos places !

Hier soir, nous voilà donc en route pour Lille vers le Théâtre Sébastopol (théâtre de 1350 places) où Gad Elmaleh faisait son show. Evidemment, on nous prévient, par respect pour Gad, qu'il est interdit de prendre des photos et de filmer. Il est 20h, on rentre dans la salle. Un jeune homme, très mignon au passage, nous aide à nous placer. Bon je pense qu'on aurait trouvé nos places sans lui, mais je ne pouvais pas refuser son aide. Nous voilà donc installées avec ma mère, au 9e rang, dans l'orchestre du théâtre. On était donc tout près de la scène, je sautillais de joie dans ma tête.

Les gens ont mis un temps fou à s'installer. Première anecdote : il y a eu un petit mouvement de foule à l'arrivée de quelques joueurs de foot de l'équipe de Lille. Je remercie mon voisin de devant pour cette information car je me demandais qui étaient ces gens. Mais comme le foot et moi, on n'est pas très potes, je m'en contrefichais pas mal, en fait. Deuxième anecdote : une dame plaçait des gens au niveau des balcons et je l'entends dire à ces mêmes gens « Ah mais on est pas jeudi aujourd'hui, vous vous êtes trompés de jour ! ». Ce fail, les pauvres !

Enfin, 20h40. Les lumières s'éteignent. La salle commence à applaudir et paf, faisceau de lumière et Gad qui se dandine au milieu. Le show est lancé. Gad Elmaleh nous met dans l'ambiance sans attendre. Il interagit directement avec le public, dès les premières paroles. « Ah au premier rang, c'est Bondues ! » (NB : Bondues est une ville réputée riche de la banlieue de Lille). Et il demande donc à toute la salle d'où viennent les autres spectateurs. Et sans arrêt, Gad regarde le public, lui parle, répond quand un spectateur l'interpelle. Entre la dame qui dit un peu trop fort en parlant de Gad « Mais il est fou ! » et le monsieur qui rit en mode « frein à main » comme dit Gad, le public était déchaîné. Gad est pour quatre soirs à Lille. Il a décidé de commencer par chez nous pour rôder son nouveau spectacle « Sans Tambour ». C'est pourquoi on remarque sur la scène, une table avec un cahier et un stylo. Gad sort ses vannes et lorsqu'il fait un four, il nous regarde et dit « Bon, bah celle là, je l'annule, elle ne fonctionne pas. » et il va mettre ça sur son cahier. Quand il improvise sur le mariage gay, il voit que ça fonctionne : « Ah improvisation totale, ça fonctionne ! Celle là, je la ressortirai ! » et il va la noter aussi.

Dans le spectacle, tout y passe. Quelques références à ses anciens spectacles font encore mouche. Ses nouveaux sketchs aussi fonctionnent du tonnerre. Entre sa tournée américaine où il redécouvre l'anonymat, les supermarchés, la pharmacie, les allusions aux V'Lille (équivalent du Vélib de Paris) et autres, Gad ne s'arrête pas une minute. Le final est arrivé beaucoup, beaucoup trop vite à mon goût. On lui a demandé « Le petit oiseau », sa chanson culte. (Petit oiseau toi qui n'a pas d'ailes ! Bah tu peux pas voler ! Petit oiseau toi qui n'a pas d'ailes ! Tu peux marcheeeer) Je ne sais pas si c'était le final qu'il avait prévu mais en entendant le public réclamer, il est allé chercher sa guitare et nous l'a chanté. Standing Ovation du public. Et les lumières se rallument, c'était fini...

Gad Elmaleh m'a donc vendu du rêve. J'ai hâte de le revoir !

BILAN DE LA SOIREE :
- Une bonne partie de rigolade. Je vais au moins vivre jusque 107 ans.
- Des courbatures aux zygomatiques.


dimanche 21 avril 2013

David Levithan : Dictionnaire d'un amour

Dictionnaire d'un amour


D'aberrant à nith, un homme livre sous la forme d'un adaire le cit de son couple, de lmoi de la rencontre jusqu'à l'usure du samour, dévoilant des émotions à la fois intimes et universelles.

MON AVIS :

Pour commencer, un grand merci aux Editions Grasset pour m'avoir offert ce livre lors de notre rencontre à Paris début avril 2013 ! (Je ne les remercierai jamais assez...)

Je connaissais David Levithan de nom. En effet, comme vous le savez sûrement, j'aime beaucoup l'auteur américain John Green et il s'avère que ces deux là se connaissent bien et ont même écrit un livre ensemble « Will & Will », publié chez Gallimard Jeunesse si ma mémoire est bonne. Connaissant déjà bien la plume de John Green, j'ai été ravie d'avoir ce petit livre de 240 pages de David Lévithan. La version que j'ai est une version française, traduite par Pierre Demarty. Ce n'était donc pas innocent de la part de Grasset d'offrir ce petit livre.

Ce roman, ce dictionnaire d'un amour, se lit très rapidement. Chaque page correspond à la définition d'un mot selon le protagoniste principal, dont nous ne connaissons pas le nom et parfois la définition fait une ou deux lignes. A travers ces définitions, il nous raconte son histoire avec sa compagne. Elle est racontée dans le désordre mais c'est écrit d'une manière si légère et fluide que je n'ai pas du tout été gênée par cette chronologie complexe.

Le style adopté m'a énormément plu. Il était simple mais on sentait une certaine émotion qui se dégageait à travers les lignes. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'était poétique mais nous n'en étions pas très loin. De ce fait, j'ai pu apprécier les personnages même si, au fond, on ne voit qu'un pan de leur caractère psychologique. On en devine d'autres mais c'est assez subtil et ça fait le charme du roman.

Par contre, et c'est la première fois que ça m'arrive, j'ai lu le livre comme s'il avait été écrit à la fois par David Levithan et par Pierre Demarty, le traducteur. Le fait d'avoir rencontré ce dernier a sûrement joué sur ma manière de lire le roman. Je n'ai pas pu m'empêcher de me demander, à plusieurs reprises, comment Pierre Demarty avait fait pour traduire ce livre et ce à quoi telle ou telle phrase devait ressembler en anglais. Comme dit plus haut, c'est un dictionnaire. Il faut donc respecter l'ordre alphabétique des définitions. Le traducteur a du pas mal réfléchir à quel mot français pouvait correspondre au mot anglais utilisé par David Levithan et ainsi, ne pas dénaturer l'œuvre originale. Je n'ai pas repéré de chronologie alors peut-être que les traducteurs pouvaient mettre les mots dans l'ordre qu'ils voulaient pour qu'ils puissent s'adapter à la langue dans laquelle l'œuvre était traduite. Chaque langue est différente, il y a donc nécessairement des difficultés de traductions et des impossibilités parfois à rendre la même émotion, le même sens, le même jeu de mots. Certaines langues utilisent des mots qui n'ont aucun équivalent en français (Le saumon par exemple. C'est tout bête mais en langage esquimau il existe plusieurs mots pour dire saumon. Info du jour !). C'est pourquoi, j'aimerai énormément me procurer la version originale de « Dictionnaire d'un amour » et pouvoir comparer les deux versions. Je ne doute pas du bon travail de traduction de Pierre Demarty mais j'aimerai bien essayer d'imaginer comment il a pu travailler sur ce roman.

En définitive, je ne peux que vous conseiller ce roman. Je le qualifie même de mini coup de cœur, même si je n'ai pas dû être absolument objective. On est face à une belle histoire d'amour qui ne tombe pas dans le niais mais qui reste à la portée de tous : réaliste, commune et banale.
Lu et chroniqué en avril 2013