samedi 13 avril 2013

Andrew Fukuda : Traqué




Traqué – Tome 1

Gene est l'un des derniers humains sur Terre. Son seul moyen de survie : se faire passer pour l'un de ses prédateurs. Ne pas rire, ne pas transpirer, ne pas montrer qu'il est un « homiféré ». Cela fait dix-sept ans qu'il se fond parmi ceux qui n'hésiteraient pas à le tuer s'ils découvraient sa véritable nature.

Ch
aque décennie, le gouvernement organise un immense jeu où une poignée de privilégiés peuvent pister et dévorer les rares humains retenus en captivité pour l'évènement. Sélectionné pour traquer les siens, Gene ne peut commettre le moindre faux pas. D'autant qu'une mystérieuse fille éveille en lui des sentiments qu'il n'a pas le droit d'avoir. Des sentiments qui pourraient le trahir.
Gene a la rage de vivre... mais vaut-elle le prix de son humanité ?

MON AVIS :

Tout d'abord, j'adresse d'énormes remerciements aux Editions Michel Lafon pour m'avoir envoyé ce tome 1 et pour m'avoir fait confiance.

Il m'aura fallu une semaine pour lire ce premier opus de 345 pages. L'histoire, la trame de fond, est bien pensée. Gene est un humain, comme vous et moi. Mais il doit vivre parmi des êtres étranges au péril de sa vie. En effet, ces êtres sont des créatures qui ressemblent de près ou de loin à des vampires. Ils ne vivent que la nuit sous peine de s'enflammer à la lumière du jour et dès qu'ils sentent un être humain, ils ne souhaitent qu'une chose : lui sucer le sang jusqu'à sa mort. Les êtres humains sont appelés par ces créatures des « homiférés ». Les homiférés (donc nous) ne sont plus que des proies, une espèce en voie d'extinction. Cette idée de base est intéressante et je pensais vraiment adhérer à l'intrigue.

Néanmoins, très rapidement, je me suis rendue compte que j'avais du mal à entrer dans l'histoire, à m'attacher aux personnages. Gene, dont on apprend le prénom assez tardivement, est le narrateur de l'histoire. Je ne suis pas la seule à le souligner mais un narrateur masculin en Young Adult, je dois dire que c'est agréable tellement c'est rare. Et pour une fois, nous ne sommes pas face à une « héroïne » casse-pied, pleine d'amour pour le bad boy du coin. Le jeune homme est plutôt intelligent, courageux (voire inconscient étant donné sa situation) et bien qu'il soit au milieu d'ennemis, il paraît normal. Il m'a néanmoins déçu quand il s'est comparé aux homiférés retenus prisonniers par l'état : il les croyait sauvage, absolument pas civilisés, il se prenait pour quelqu'un de supérieur. Je n'ai pas compris cette réaction, que je trouve exagérée et absolument pas en adéquation avec l'éducation que son père lui a donné. Ashley June, autre personnage, est assez surprenante tout en répondant à quelques clichés. Pour autant, elle est tout à fait crédible. Les autres personnages sont assez peu creusés et c'est dommage. Néanmoins, je n'en blâme pas l'auteur car nous ne sommes que dans le premier tome. Mon seul grand regret est qu'il n'est pas un peu insisté sur les homiférés que Gene va rencontrer. D'ailleurs, le peu qu'on les a vus, je les ai trouvés antipathiques...

L'intrigue est simple : une Chasse va être lancée contre les derniers homiférés gardés prisonniers par le gouvernement. Tout le long du roman, on parle de cette chasse et honnêtement, même si c'est un peu horrible, je l'attendais avec impatience. Hors, elle ne prend place réellement que dans le tout dernier chapitre du roman et je suis restée sur ma faim (sans mauvais jeu de mots pour ceux qui ont lu le livre...haha).

Avec cette chasse, cette histoire d'homiférés, Gene qui tente de se faire passer pour ces créatures horribles (qui n'ont pas de noms... c'est gênant pour vous expliquer sans spoiler !) et autres, on est face à pas mal d'incohérences. Alors certes, nous sommes dans de la fiction mais il y a certains détails qui manquent de crédibilité et c'est vraiment flagrant. Ce sont ces incohérences qui m'ont empêchée de profiter pleinement de ma lecture et de me plonger dans cet univers pourtant prometteur.

Je ne pense pas que je lirais la suite malgré cette dernière ligne du roman qui soulève pas mal de questions. A voir, si la quatrième de couverture et les avis des lecteurs sont convaincants !

Lu et chroniqué en avril 2013

vendredi 5 avril 2013

Une journée particulière à Paris


Jeudi 4 avril.

J'attendais cette journée avec impatience et, comme vous le verrez, un peu d'appréhension.

Il est 9h, j'arrive à Paris. Je connais peu cette ville mais plus j'y vais, plus j'aime. Je retrouve avec joie une de mes amies que je n'avais pas vue depuis 8 mois. On s'est rendues du côté de Notre-Dame-De-Paris et du quartier latin/Saint Michel. Je me suis fait violence et je ne suis rentrée dans aucune librairie. Ça n'aurait pas été raisonnable sachant que si j'achetais des livres 1) mon porte-monnaie se serait suicidé, 2) ma PAL aurait encore augmenté or avoir 80 livres à lire c'est déjà bien assez et 3) j'aurais du les porter toute la journée et toute la soirée et je ne me sentais pas motivée pour ça. J'ai terminé la matinée toute seule à me balader du côté de Saint-Germain-des-Prés et de la rue des Deux-Sèvres. Puis, je regarde ma montre et l'heure de ce rendez-vous que j'attendais depuis décembre est proche.

Si vous vous souvenez bien, en octobre-novembre 2012 j'ai participé à un concours sur « Une place à prendre » de JK Rowling. Il fallait écrire un texte sur le personnage que vous aimiez le plus, celui que vous avez détesté... Au choix. Pour ma part, j'ai choisi Simon Price, un homme exécrable qui pourrait se rapprocher de la figure du dictateur. Mon texte a été sélectionné parmi tous les candidats avec 4 autres. Nous étions donc 5 gagnants. Remporter ce concours m'a donc permis de rencontrer, autour d'un déjeuner dans Paris, Mr Olivier Nora, PDG de chez Grasset & Fasquelle (et Fayard aussi), et Mr Pierre Demarty, traducteur du roman de JK Rowling.

Après quelques semaines de « négociations », une date a enfin été choisie et le rendez vous a été posé à 13h, ce jeudi 4 avril 2013. Autant vous dire, que j'appréhendais le tout début de cette rencontre. Comment me présenter au restaurant ? Comment reconnaître les autres gagnants ? Mais en fait, je me suis fait du souci pour rien car tout s'est fait très naturellement. Olivier Nora s'est présenté et j'ai rencontré un monsieur très charmant qui vous met à l'aise et qui discute avec vous très simplement. Pierre Demarty est arrivé peu après. A défaut de trouver un autre adjectif, je dois dire qu'il est très charmant aussi. Il est arrivé avec plein de sachets dans les mains. Moi, toute naïve que je suis, je me suis dit « ah il est allé faire du shopping ». Il m'arrive d'avoir des moments blonds parfois... En fait, c'était 4 sachets de chez Grasset, un pour chacune d'entre nous contenant 5 livres ! Moi qui ne voulais pas que ma PAL augmente, c'est peine perdue je crois. Mais je ne vais absolument pas m'en plaindre. Nous nous sommes donc tous retrouvés autour d'un excellent repas et nous avons discuté d'énormément de choses : ce que nous faisions dans la vie, comment nous avons aimé la lecture, ce que nous avons pensé du dernier roman de JKR, pourquoi on avait voulu le lire, si on avait lu les Harry Potter, ce que la lecture nous apporte, comment et pourquoi on en était venues à lire, si on écrivait nous-mêmes, comment on choisissait nos livres, les coquilles dans les livres, l'orthographe, les jeunes et leur approche de la lecture etc. Comme vous pouvez le constater, de nombreux sujets ont été abordés. On a évidemment aussi parlé de la traduction de « Une place à prendre » et des conditions de travail. Tout cela aura duré plus de 2h. J'ai passé un moment très agréable, très intéressant. J'ai adoré échanger avec Olivier Nora et Pierre Demarty ainsi qu'avec les autres gagnants. Nous avons tous des parcours différents mais il y a des points communs qui font que le contact est très bien passé. Du moins, c'est ce que j'ai ressenti.

Puis, en sortant du restaurant vers 15h30, j'ai retrouvé une autre amie et nous nous sommes rendues au Musée des Lettres et des Manuscrits sur le Boulevard Saint Germain. Je ne pensais pas qu'on y resterait si longtemps, or nous y avons passé presque 2h. On a énormément apprécié découvrir des manuscrits originaux des plus grands hommes littéraires des siècles précédents tels que Molière, Balzac, Verlaine, Saint-Exupéry, Tolstoï, Dickens pour ne citer qu'eux. Nous avons aussi vu des manuscrits de grands hommes scientifiques comme Einstein, Volta, Ampère, Montgolfier et des grands musiciens comme Beethoven, Schuman, Lully, Debussy, Mozart... A cela s'ajoutait une petite exposition sur le film « L'écume des jours », adaptation du roman éponyme de Boris Vian, avec quelques accessoires, des photos et des extraits inédits du film. Si vous allez sur Paris, n'hésitez pas à vous y rendre, personnellement j'ai beaucoup aimé.

La journée est passée très vite et j'en garde un excellent souvenir. Si cela pouvait se reproduire un jour, j'en serai plus que ravie.
PS : Vous pouvez retrouver ma chronique du roman de JK ICI
PPS : Liste des livres offerts par Grasset :
- Broken par Karin Slaughter
- Le grand ordinaire par Jeremy Chambers
- Confessions d'un jeune romancier par Umberto Eco
- Cartes Postales par Annie Proulx
- Dictionnaire d'un amour par David Levithan (traduit par Pierre Demarty)

mercredi 3 avril 2013

John Green : Le théorème des Katherine


Le théorème des Katherine

Dix-neuf fois Colin est tombé amoureux. Dix-neuf fois la fille s'appelait Katherine.
Pas Katie, ni Kat, ni Kittie, ni Cathy et surtout pas Catherine mais KATHERINE.
Et dix-neuf fois, il s'est fait larguer.
MON AVIS :

John Green, cet auteur qui m'aura volé mes derniers neurones de raison laissant mes neurones de folie prendre le dessus (si vous connaissez sa chaîne vlogbrothers sur Youtube, vous pouvez vous imaginer dans quelle situation je suis.), m'a une fois de plus conquise avec son roman « Le théorème des Katherine ». Bon, ce n'est que la deuxième œuvre de lui que je lis mais tout de même. Je ne compte pas m'arrêter là de toute façon.

Dans « Le théorème des Katherine », nous faisons la rencontre de Colin Singleton (nom qui n'est pas choisi au hasard... Singleton : c'est un mot mathématique désignant un ensemble ne contenant qu'un unique élément. Non seulement Colin adore les maths mais en plus, il se sent un peu seul et incompris. John Green, I see what you did there.) et de son ami Hassan. Colin sort d'une dix-neuvième rupture avec une dix-neuvième Katherine et est complètement déprimé. Pour le sortir de là, Hassan l'emmène dans « une virée en bagnole ». Et là, les choses sérieuses commencent.

L'intrigue est très simple : Colin, déprimé, veut mettre l'amour en théorème mathématiques. C'est donc en quittant Chicago avec Hassan qu'il aura cette idée, sa minute Eurêka comme il dit. En tant que jeune surdoué, il est persuadé de réussir et se remémore ses histoires avec les Katherine tout en découvrant la vraie vie dans le Tennessee où il a atterri avec Hassan. Il rencontre Lindsey et d'autres personnages plus ou moins sympathiques.

On passe un très bon moment à suivre leurs pérégrinations dans ce coin perdu des Etats-Unis appelé Gutshot. Il ne se passe pas vraiment grand-chose d'exceptionnel mais on s'attache aux personnages. Ils ont tous leurs défauts mais ils sont vite oubliés grâce à l'humour présent à presque toutes les pages. Ils arrivent parfois à se mettre dans des situations complètement loufoques. J'ai beaucoup aimé les petits commentaires que faisait le narrateur. Ces petites piques étaient toujours bien placées ce qui vous amène obligatoirement à rire, ou au moins, à sourire. Il y a beaucoup de gens, d'après ce que j'ai lu un peu partout sur les blogs et forums, qui ont été gênés par les notes de bas de pages. Elles sont en effet très nombreuses. D'ordinaire, je déteste ça car ça coupe la lecture, ça coupe le rythme. Mais souvent les notes de bas de pages sont là pour expliquer un mot ou une expression. Tandis qu'ici, j'ai trouvé qu'elles faisaient partie intégrante de l'histoire et je les ai beaucoup appréciées.

Ensuite, j'ai vraiment bien aimé le fait de parler mathématiques. Ayant un bac S, parfois je suis en manque de sciences. Et là, j'ai eu ma petite dose de maths et je me serai presque sentie revigorée. Les graphiques, les calculs, l'appendice à la fin, je me suis régalée. Mais que cela ne vous rebute pas ! Les mathématiques sont ici abordées de manière très ludique, très simple et un peu décalée.

Le style de John Green est donc très fluide, très léger et en même temps plein de bon sens. Après avoir lu « The Fault In Our Stars », j'attendais beaucoup de lui et je ne suis pas déçue. J'ai même l'impression qu'il essaie de donner à travers ses romans des petits conseils de vie à ses lecteurs. Cette histoire est très belle, pleine d'humour, d'amour, d'amitiés, d'Histoire et de mathématiques. 
Lu et chroniqué en mars 2013

mercredi 27 mars 2013

Francis Scott Fitzgerald : Gatsby le Magnifique

Gatsby le Magnifique :

Résumé Livraddict : Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solaire par son rayonnement, lunaire par le mystère qu'il génère, est réputé pour les soirées qu'il donne dans sa somptueuse propriété. L'opulence, de même que la superficialité des conversations et des relations humaines, semblent ne pas y avoir de limites. C'est pourquoi l'illusion ne peut être qu'éphémère.
Parmi
les invités de cet hôte étrange se trouve Nick Carraway, observateur lucide qui seul parvient à déceler une certaine grandeur chez Gatsby, incarnation de multiples promesses avortées. Ce roman visuel qui se décline dans des tons d'or, de cuivre et d'azur, s'impose également comme la chronique d'une certaine époque vouée, telle la fête qui porte en elle son lendemain, à n'être magnifique que le temps d'un air de jazz.

MON AVIS :

Ayant vu la bande annonce de l'énième adaptation de ce roman à venir (avec Léonardo Di Caprio !), je me suis dit que le livre pourrait bien me plaire. Ni une ni deux, je me le suis procuré dans le but de le lire avant la sortie ciné. Et c'est donc désormais chose faite.

C'est pleine d'espoir et d'attentes que j'ai commencé ce court roman de 200 pages. Et j'ai vite déchanté. Je m'attendais à du faste, du beau, du jazz, une vraie ambiance années 20. Mais je n'ai presque rien trouvé de cela pendant ma lecture. Ou alors ça ne m'a pas marqué car je crois que pendant que je lisais j'ai eu des moments d'absence... Je sentais que j'en aurais pour deux petites soirées de lecture mais j'avais hâte d'en terminer et je ne voulais pas abandonner, étant prête à donner une chance à cette œuvre jusqu'à ces dernières lignes.

Le style d'écriture est déjà très particulier. J'ai eu du mal à m'y faire. Ce n'est pas difficile à comprendre mais il ne vous permet pas d'entrer entièrement dans le récit. C'est comme si j'avais lu un simple compte-rendu d'une histoire particulière. C'est neutre et parfois lourd. Les descriptions, qui d'ordinaire ne me gênent pas plus que ça (sauf chez Victor Hugo mais c'est une autre question !) m'ont ici prise au dépourvu. Je n'arrivais pas à bien me représenter les choses.

Les personnages m'ont laissé de marbre. Je n'ai ressenti ni sympathie, ni antipathie. Je m'apprêtais à aimer le charisme de Gatsby mais je n'ai pas su l'apprécier à sa juste valeur. Il m'a intriguée mais je suis tout de même déçue. Je ne pensais pas que j'aurais affaire à quelqu'un de si particulier. Je m'attendais d'ailleurs à ce qu'il soit plus mis en avant... Le narrateur Nick ne m'a lui non plus rien inspirée de particulier. Sauf à la fin du roman, lorsqu'il se démène pour Gatsby. Tom, autre personnage, est détestable. Son racisme vis-à-vis des Noirs m'a rebutée. Le racisme est une chose que je ne supporte pas aussi bien dans les œuvres fictionnelles que dans la réalité. Quant aux personnages féminins, elles m'ont parue fades, insipides, snobinardes. Jordan est à la rigueur celle qui paraît la plus agréable. Daisy est la plus superficielle. (Déjà, rien que par son prénom, elle partait sur de mauvaises bases... Je n'ai pas cessé de penser à Daisy la copine de Donald. Je m'excuse d'avance auprès de l'esprit de F. Scott Fitzgerald.)

La trame du roman est bonne. Mais pour moi, ça aurait pu être mieux. Je n'ai pas trouvé cela assez poussé. Il me manque des réponses à mes questions, il reste une part de mystère qui ne s'éclaircira jamais. J'aurais mais en savoir plus sur Gatsby, sur Daisy, sur Tom, sur Nick... Je n'aurais peut-être pas été contre une centaine de pages en plus.

En résumé, c'est une petite déception. Je n'ai peut-être pas su apprécier ce classique à sa juste valeur. J'irai toujours voir le film. Peut-être que rétrospectivement, il me fera plus aimer le roman. Et je pense que je le relirai un jour. Je veux redonner une chance à cette histoire qui a du potentiel et je suis sûre d'être tout simplement passée à côté.

Petit + : La BA envoie du lourd. Elle me fait rêver. Et je suis sûre que j'apprécierai ce film. Et qu'il me donnera encore plus envie de relire le livre.





Lu et chroniqué en mars 2013