jeudi 31 octobre 2013

Astérix chez les Pictes

Astérix chez les Pictes


Le 24 octobre 2013, Astérix chez les Pictes débarque dans toutes les librairies du Monde Connu ! Les Pictes ? Oui, les Pictes ! Ces peuples de l'ancienne Ecosse, redoutables guerriers aux multiples clans, dont le nom, donné par les Romains, signifie littéralement « les hommes peints ». Astérix chez les Pictes, c'est donc, dans la meilleure tradition des aventures du plus célèbre des Gaulois, un voyage épique vers une contrée riche de traditions, et la découverte d'un peuple dont les différences culturelles se traduiront en gags et jeux de mots mémorables. Sur les forums de lecteurs, les paris sont ouverts et les discussions impatientes s'enchaînent... Du whisky ? Des lancers de troncs ? Des cornemuses ? Des noms en Mac ? Les origines du mur d'Hadrien et du monstre du Loch Ness enfin dévoilées ? Et même, qui sait, des Gaulois en kilts... Le suspense est entier !

MON AVIS :

Depuis que je suis petite, je lis Astérix, Tintin, Boule et Bill, Lucky Luke... Mon père et mon parrain possèdent une grande collection de BD et mon amour de la lecture vient un peu de là. C'est donc tout naturellement que chaque fois qu'un nouveau tome d'Astérix sort, je me retrouve en librairie pour l'acheter. Etant une fille sympa, j'ai d'abord laissé mon père le lire puis je lui ai piqué sans aucun scrupule.

Ce que je reproche aux BD, c'est qu'elles se lisent trop rapidement. Mais d'un autre côté, les BDs savent vous transporter dans un monde totalement différent : elles sont à mi-chemin entre le roman et le cinéma. Et une fois de plus, Astérix a su me faire voyager en Gaule.

Les derniers tomes ne m'ont pas laissé de souvenirs très nets. Mais ce dernier m'a beaucoup plu, j'ai retrouvé l'esprit des premiers tomes de la série. L'histoire reste sans grande surprise, sans grand coup de théâtre. Elle montre un esprit très familial, surtout avec l'histoire de la 'loutre'. La trame et le dénouement font tout de même mouche.

Si ça fonctionne, c'est grâce aux personnages. J'ai été ravie de retrouver nos célèbres Gaulois le temps d'une cinquantaine de pages. La personnalité de chacun a été respectée par les nouveaux auteurs, les nouveaux personnages ont été affublés de noms absolument décalés... L'onomastique (= l'étude des noms propres !) incroyable des personnages donne un coup de jeune à la BD. Les jeux de mots créés pour ces noms prêtent à rire et j'ai adoré découvrir ces personnages et leur caractère grâce à cela.

Cette lecture s'avère donc très positive. Le cadre écossais avec les Pictes est fort sympathique (et donne envie d'aller visiter cette région du Royaume-Uni... Oui, j'avoue, il ne me faut pas grand-chose pour vouloir rendre visite à nos voisins britanniques) et donne lui aussi l'occasion aux auteurs de faire un clin d'œil au monde moderne. Les personnages sont fidèles à eux-mêmes (même si je regrette l'absence d'Idéfix pendant un certain nombre de pages) et l'humour est toujours aussi présent. En conclusion : un très bon retour pour Astérix !

Lu et chroniqué en octobre 2013

vendredi 11 octobre 2013

José Mauro de Vasconcelos : Mon bel oranger ♥ ♥ ♥


Coup de coeur !
Mon bel oranger

A cinq ans, tout le monde bat Zézé et lui dit qu'il est le diable... Mais, ange ou démon, Zézé a un secret : un oranger, le seul confident de ses rêves, qui l'écoute et lui répond.

MON AVIS :

Cette lecture est survenue dans le cadre de mon stage en collège pendant mon master. Les élèves de cinquième devaient le lire et, afin de réussir à suivre les cours, j'ai moi aussi lu ce roman. D'abord sceptique face à une quatrième de couverture peu engageante, j'ai vite été prise par le récit de Zézé.

Alors que je pensais me contenter des trois-quatre premiers chapitres, je me suis vite rendue compte qu'il me serait impossible de lâcher le livre tant que je ne l'aurais pas terminé. Dès les premières lignes, on sent que ce roman nous réserve une histoire hors du commun. Cette histoire, c'est celle de Zézé petit garçon de cinq ans. Zézé est très intelligent pour son âge mais aussi un peu turbulent. Pourtant, ce qu'il traverse est très difficile et aucun enfant ne devrait subir ce genre de maltraitances et de malheurs. J'ai d'ailleurs trouvé que cette lecture était très difficile pour des élèves de cinquième par les thèmes abordés mais aussi par l'abondance de personnages aux prénoms peu courants en Occident et le vocabulaire parfois soutenu utilisé.

Zézé est le narrateur de ce récit très vivant. Il rapporte énormément de dialogues ce qui rend la lecture très vivante. Nous ne lisons pas seulement son histoire, nous la vivons en temps réel. On suit aussi le cheminement de ses pensées et de ses réflexions. Il est impossible de ne pas s'attacher à cet enfant. Il est turbulent, comme tout enfant de son âge mais cela lui vaut d'être battu et rejeté par sa famille et son quartier. De ce fait, on ne peut qu'aimer ce petit garçon. Je ne comprenais absolument pas du tout pourquoi il était autant battu. Heureusement que sa sœur Gloria ainsi que la maîtresse de Zézé, Portugâ et Seu Ariovaldo étaient là pour soutenir le petit garçon. Néanmoins, même si la plupart des membres de la famille frappait Zézé, je n'ai pas su les détester. Zézé poussait parfois le bouchon un peu trop loin et sa famille ne sait comment l'éduquer autrement. Mais il est clair que je ne cautionne pas cette 'éducation' qui n'en est pas une.

Ce roman jeunesse traite et évoque des sujets très difficiles. La question du suicide apparaît, certes très rapidement, mais elle n'en reste pas moins importante. J'ai été très surprise et choquée car c'est Zézé qui en parle. Je ne m'attendais pas à cela, ça m'a toute retournée. Ce roman traite aussi de la relation père-fils qui n'est pas toute rose non plus. Zézé est aimé de son père, il n'y a aucun doute là-dessus. Pourtant, ils n'arrivent pas à trouver ce qu'on pourrait appeler un terrain d'entente. On ne peut donc pas dire qu'il y a de la tendresse entre eux, en tout cas, ce n'est pas ce qu'on retient de leur relation. En effet, le père de Zézé (et, comme dit auparavant, d'autres membres de la famille) n'hésite pas à le battre. La maltraitance des enfants est un sujet que j'exècre, aucun enfant ne mérite cela. Cette maltraitance apparaît très clairement dans le roman et certains passages sont très difficiles.

La difficulté de certains de ces passages vient à la fois du fond et de la forme. Le fond, car c'est horrible de lire une scène de maltraitance. La forme car José Mauro de Vasconcelos a une plume très poétique. A travers ce roman autobiographique, il raconte ce qu'il lui est arrivé. Même si certains passages sont romancés, le lecteur ne peut qu'être ému. Le style de Vasconcelos est très beau. Il trouve des formulations, des images très jolies qui donnent au personnage de Zézé une force et une sensibilité extrêmes.

Cette lecture a été un véritable coup de cœur. J'ai été transportée dans le monde de Zézé. Ce petit garçon m'a énormément émue, à un tel point que j'ai versé quelques larmes. La fin est très belle et horrible à la fois. De plus, vous ne pouvez pas rester indifférent face à une telle force d'écriture. 


Lu et chroniqué en octobre 2013

dimanche 29 septembre 2013

Victor Dixen : Animale

Animale :

Et si le conte le plus innocent dissimulait l'histoire d'amour la plus terrifiante ?
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832. Blonde, dix-sept ans, orpheline, vit depuis toujours dans un couvent, entourée de mystères. Pourquoi les soeurs l'obligent-elles à couvrir ses cheveux d'or et à cacher sa beauté troublante derrière des lunettes noires ? Qui sont ses parents et que leur est-il arrivé ? Quelle est la cause de ses évanouissements fréquents ?
Blo
nde est différente et rêve de se mettre en quête de vérité. Alors qu'elle s'enfuit du couvent pour remonter le fil du passé, elle se découvre un côté obscure, une part animale : il y a au coeur de son histoire un terrible secret.

MON AVIS :

Après avoir lu quelques critiques élogieuses sur ce roman, j'ai décidé de me le procurer et de le lire très rapidement. Ce qui était un coup de tête se révèle être une bonne décision.

Animale raconte l'histoire de Blonde, une jeune fille abandonnée à sa naissance et qui vit depuis au couvent de Saint Ursule. Ce qui m'intéressait dans ce roman était la réappropriation du conte de Boucle d'Or par l'auteur. Je ne connais pas très bien l'histoire originale mais j'avais envie d'en découvrir un nouveau versant. Le roman est découpé en trois parties et chacune démarre par un extrait, très bien choisi, du conte de Robert Southey. Ces extraits m'ont même donné envie de lire cette première histoire. L'histoire de Blonde reste tout de même très éloignée du conte et c'est cela qui fait la force du roman. Victor Dixen s'est inspiré du conte mais il a su se le réapproprier entièrement.

L'histoire de Blonde mais aussi de son passé est passionnante. Les aventures qui arrivent à la jeune fille sont sans précédent. Certains éléments se devinent très rapidement mais d'autres sont beaucoup plus inattendus. On suit une vraie progression de l'histoire et de l'intrigue. Dès les premières pages, on est plongé dans un monde proche du nôtre (la France sous Napoléon, pour faire simple !) mais qui recèle pourtant des secrets insoupçonnés. Au fur et à mesure des découvertes de Blonde et de ses alliés, on s'imagine un autre monde, un monde que l'on pourrait qualifier de parallèle au nôtre. Cette histoire est à la fois belle et terrifiante, surprenante et haletante. La question du genre, du registre est ici discutable. Le classer en roman jeunesse pourrait lui porter préjudice mais ce n'est pas non plus de la Young Adult. Cette histoire se place entre les deux, dans un genre indéterminé mais qui plaira à de nombreux fans de conte et de fantasy.

Les personnages font aussi beaucoup dans la qualité du roman. Il n'y a pas réellement de stéréotypes, pas réellement de clichés. Si on les cherche, on peut les trouver mais à première vue, ils sont originaux. Ils n'ont rien de nouveau mais ils apportent un peu de fraîcheur, du moins c'est ce que j'ai ressenti à la lecture. On a Blonde, Gaspard, les sœurs, Bérénice, Mme Lune, Maître Ferrière et beaucoup d'autres. Blonde est attachante et je l'ai trouvée très courageuse. Elle fait preuve d'une très grande force morale et n'est pas l'héroïne naïve à laquelle on aurait pu s'attendre. Gaspard prend vraiment de l'importance dans la dernière partie du livre. C'est le personnage qui m'a le plus déçu. Je l'apprécie beaucoup mais malheureusement je l'ai trouvé un peu trop sous-développé. Il lui manque un peu d'étoffe. J'aurais sûrement préféré le voir plus présent même si la dernière partie lui fait la part belle. Deux autres personnages m'ont énormément plu mais pour ne rien dévoiler, je préfère ne pas en parler. Toujours est-il que j'ai trouvé leur histoire très belle malgré son côté tragique.

Enfin, j'ai été absolument bluffée par le style d'écriture. Évidemment, pour les puristes, c'est loin d'égaler Proust. Mais ce n'est pas ce que l'on recherche non plus dans ce style de romans. L'écriture de Victor Dixen est travaillée. J'ai trouvé les formulations de phrases très bien faites et le vocabulaire utilisé très riche. Je dirai que le style se trouve entre le registre courant et le registre soutenu. C'est quelque chose qui m'a énormément plu car je regrette le style parfois trop pauvre dans les romans jeunesse. Le jeune lecteur est capable de bien des choses et j'ai parfois l'impression que les auteurs ont tendance à l'oublier.

Vous l'aurez donc compris, cette lecture m'a énormément plu. Gallimard Jeunesse a eu raison de laisser sa chance à Animale et à Victor Dixen. Nous suivons une histoire prenante basée sur un conte connu de tout le monde mais pourtant très différente. Les personnages vous parlent et vous vous mettez dans leur peau grâce à un style fluide et prenant. 
 
Lu et chroniqué en septembre 2013

jeudi 26 septembre 2013

Balzac : Le Père Goriot

Le père Goriot

Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s'insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l'argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gouvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement : le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules ; c'est ce que chaque palier de la pension Vauquer est devenu.

MON AVIS :

Il y a environ un an, j'entamais cette lecture, déterminée à découvrir enfin Balzac. Balzac est un monument de la littérature française et il manquait cruellement à ma culture. Au bout de trente pages, j'ai posé le livre avec la ferme intention de le reprendre très vite. Pourtant, je n'ai repris cette lecture qu'en septembre 2013 en recommençant depuis le début, bien évidemment. Et cette fois, je n'ai reposé le livre qu'une fois celui-ci terminé.

Tout d'abord, attardons nous sur les personnages. Balzac nous dresse une galerie de portraits très riche. Ils sont assez nombreux mais tous sont nécessaires au bon déroulement de l'histoire. Il est impossible de ne pas ressentir soit de la sympathie soit de l'antipathie pour eux. Ils sont tous présentés d'une telle façon que nous pouvons sans problème émettre un jugement. Le père Goriot m'a beaucoup touché. Il se dévoue tellement pour ses deux filles et pour si peu qu'il fait mal au cœur. Ses deux filles sont absolument hypocrites, fières, orgueilleuses. Elles cachent leur véritable nature à leur père et je trouve ce type de comportement absolument aberrant. Le personnage d'Eugène Rastignac m'a énormément plu. Il souhaite parvenir dans la haute société parisienne et j'ai aimé suivre ses actions et ses réflexions. On voit qu'il est honnête et gentil malgré tous les gens vicieux qui l'entourent. Il a réellement su m'attirer sa sympathie vers la fin du roman alors que tout s'accélère. Quant aux autres personnages, secondaires, ils sont tous très intéressants à observer. Balzac leur donne une réelle ampleur et un vrai rôle à jouer. C'est vraiment plus qu'appréciable de voir des personnages approfondis et bien bâtis.

Dans ce roman, on ne peut pas vraiment parler d'intrigue mais plutôt d'histoire. En effet, on suit vraiment l'histoire d'Eugène, du Père Goriot, de Vautrin et des autres. Ils gravitent les uns autour des autres pour créer de réelles interactions sociales. C'est en cela que nous lisons une histoire. Il n'y a pas d'intrigue car le suspense n'est pas présent. Mais cela n'empêche pas de suivre avec facilité et envie chaque moment de la vie de ces personnages. Cette histoire nous fait déambuler dans Paris, à pied ou en fiacre, elle nous fait visiter les vieilles pensions comme les belles demeures. L'histoire nous décrit aussi un monde où priment la richesse et les apparences. Le thème de l'argent est récurrent chez Balzac. J'ai bien aimé la façon dont il a traité ce sujet : l'argent peut vous faire faire des folies et vous aveugler.

Le style de Balzac est, lui aussi, extrêmement riche. On sent que tout est travaillé. Alors qu'on pourrait s'attendre à un style lourd, chaque phrase s'enchaîne avec une fluidité déconcertante. Les descriptions longues bien connues de Balzac me faisaient peur. Mais pourtant, grâce à cette fluidité, ces descriptions ne m'ont pas paru imbuvables. Je n'ai jamais décroché pendant ma lecture, tellement les mots défilaient facilement.

En conclusion, pour une première rencontre réelle avec Balzac, j'en ressors ravie. Je ne me suis pas ennuyée une seconde, on savoure chaque mot, chaque phrase, chaque paragraphe. Ce roman mérite son titre de classique ! 


Lu et chroniqué en septembre 2013